138 LA HE\'UE SOCIALISTE l'atelier ou le chantier à un champ de bataille. Il suffit de mettre en regard de la proportion de~ accidents s~_rvenus.dans la ma_rine celle des accidents dans les mines ou dans 1111dustr1edes maclunes pour se convaincre de la justesse de la_compara!son. Le matelot es~ un soldat, lui aussi. Il livre des batailles formidables à un ennemi redoutable: !'Océan. Eh bien! !'Océan fait moins de victimes que le grisou ou l'engrenage aux dents polies des machines reluisantes, si séduisantes à l'œil. A la suite de cette vaste enquête, une loi fut votée, à l'effet de prévenir les accidents. Un service d'inspection a été créé pour assurer l'exécution de ses dispositions, trop nombreuses pour pouvoir êti·e reproduites ici. L'avenir dira quelle peut être son efficacité, car, en matière de législation du travail, l'interprétation et l'application de la loi sont tout. Après le vote de la loi destinée à protéger la santé et la vie des ouvriers dans les ateliers par des mesures d'hygiène et de sécurité préventives, la Diète suédoise a été appelée à se prononcer sur deux projets « dont l'un institue l'assurance obligatoire et dont l'autre « tend à en faire une institution d'Etat. lis ont été discutés dans « la présente session, mais provisoirement écartés. Il n'est pas « impossible que les deux projets se soient fait une concurrence « fàcheuse, et que la haute Chambre, particuliè1·ement, ait été « efTrayéc d'une disposition qui engagerait la responsabilité de « l'Etat. » M. :\Iillet ne doute point, cependant, qu'ils ne reviennent bientôt à l'ordre du jour et laisse percer son opinion qu'ils !:>erontadoptés. Ces projets se sont largement inspirés des lois récentes allemandes. Le premier fait exclusivement supporter au patron ou à l'entrepreneur la dépense d'assurance: il contient cependant une disposition visantlaformation d'assurances particulières facultatives pour les ouvriers et les pati·ons, dont la cotisation serait versée par l'ouvrier ou le patron, selon l'espèce. Le deuxième projet concerne l'institution d'une caisse publique gouvernementale d'assurance contre les accidents du travail. Cette caisse recevrait le montant des cotisations, tant pour les accidents que pour la vieillesse (car le projet prévoit les dispositions concernant la vieilles;;e). Elle serait garantie par l'Etat et administrée par le Trésor public. S'.g?alons, en passant, une coutume norvégienne qui n'existe pas en_i;ucde : aux termes d'une loi de 1812, les propriétaires de mines doivent venir en aide à leurs ouvriers malades ou blessés. « De plus, > lorsqu'_uncexploitation vient à cesser en orvège, la charge de » seco~rir ses malades ou ses infirmes lui incombe pendant cinq » annees encore, à dater du jour de la cessation. Pour avoÎI' droit à
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