La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

118 LA HEVUF. SOCIALISTE REVUEDES LIVRES Où est l'argent? par Auguste C11m.,c. - :-.a\i11e,éditeur. Un volume: 3 fr. 50. Auguste Chirac apparaitra aux races futures <'ommc 11n,·ëritablc phénomène. Dans ce siècle de l'escroquerie el du mercantilisme, dans cc siècle où tout s'est transformé en raleu,· d'échanf1C, en mard1andise, même la conscience et la moralité, il semhlera étrange qu'un homme se soit trouYé qui ait refusé de ramasser une fortune dans la ruine des pauues gens et ait f~it servir son expérience si .iutoriséc à la dinilgation d,•s méfaits de la haute banque. Aujourd'hui, il attaque d'u11cfa,;on parli<'ulièremeut Yive uucin,titution presque \'énéréc, la <'itadellc mi'm<' de la puissa11echou,·gcoisc, la Rrrnqw• de France· • l.a Banque, dit-il, affirmant a,·oir dcuÀ milliard, et demi de numfrairc en • <'ai,sc, trompe le public, elle lui clissimulc un di•flt,it de plus d'un milliard, et « sc-sbilans sonl faux. )) Notre rn111H\1·a.irl', l'or particulit'.•remen1, est drainé pa,· l'étranger. L'encai,,c m(·talliquc de la Ba11quc de France, 11otre Tréso,· de fJ"er,·c, notre supri·mc r,·"·r,·c fi11an<'ièrcJH1u1l·es <'atar-lysmcs possibles de l'a,cnir, à diminué d'un milli,11'(1. « Les régents de la Banque sont plus puis- « sants que le gou,·crncment lui-même. Et ils profltcnt de cdte puissance « pour trahir et ,·uinrr la nation fran,;aisc. » - Voilà l'accusation. La Banque de France a pou,· principale fu11..tion d'a<·caparcr le numéraire. D'après un tableau dressé au moyen des publicaiions officielles, on constate qu'en 1855, la Banque de France possédait moins de 3 0/0 du total existant en numéraire, et qu'en 1889clic en dctient pres de 18 0/0. Dan~ la période de 1855-72, la Banque a absorbé 10.760/0 des frappes nettes. Dans la période de 1872-1889,la Hanquc a ahsorbé 126.70 0/0 des frappes nettes. Elle a donc emmagasiné toutl'S les frappes et de plus clic a enlevé au public 26.70 0/0 de ses réserves en numéraire. Mais si on compare non pas avec la quantité de numéraire théorique, mais avec la quantité de numéraire utile, celle qui circule réellement, on arri\'C à cette constatation que la Banque détient 60 0/0 du total de la circulation pratique. ' Cet accaparement du numéraire aurait rendu les échanges difflrilcs si on n'y avait pourvu par une émission compensatrice de papier. L'auteur démontre en efTrt par une ~érie de chiffres groupés en tableaux très démonstratifs que les billets de banque représentaient en 1855, par rapport au total de la circulation pratique le 11.500/0 de celte <'irculation, tandis, qu'en 1889, les billets représentent le 71.300/0 de la circulation pratiqur. Conclusion: • On prend le numéraire « au public et on lui donne du papier à la place. »

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