La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

CIIAUMETTE 83 rain solide sur lequel les générations futures élèverout à l'Humanité un temple i~périssable, avec cette inscription tracée par Robert Owen : La vl'aie_religion, c'est la Vérité On sait comment échoua la tentative ùu parti philosophique de la Révolution. Lés historiens royalistes et robespiorristes ont beaucoup insisté sur les prétendues « orgies l> auxquelles donnèreht lieu les fêtes nouvelles. M. de Sybel, dont on aurait pu attendre plus d'exactitûde, a reprodttit toutes ces calomnies aïec un sar1s-façon qui décèle sa parfaite ignorance de la matière. Le caractère bien connu de Chaumette, l'importance qu'il attachait naturellement a ces manifestations, permettent d'affit-mer qu'il ne les eût pas laissé dégénérer en farces scandaleuses. Bien plus, los pal'tisaus des fètcs nottYelles recommandent expressément, dans leurs journaux, à ceux qui voudi-aient les célébrer rlans ù'autres villes, de choisie « pour remplir• un rôle si auguste, des personnes dont le caractère !'end la beauté respectable, dont la sévé1·itéde mœurs et de regards repousse la licence et remplisse les cames de sentiments honnêtes et purs (1). >~ Le fait est que Robespiei·rc, quelques jours après la fète de Nott_·eDame, tonnait à la Conventioh et aux Jacobins contre les novateurs, en prenant poul' prétexte la liberté des cultes, nullement meuacée d'ailleurs. Il déclarait l'Athéisme aristocratique, et 1·essassait les ,;ieilles et banales litanies st11· « la bonté de la Providence » et la « Vengeance céleste » (2). M. Mwhelet a mille fois t·aison de diee que ce déiste sinistre, mais conséquent, .fut pris, comme tous les tyeans, de la haine de l'idée. Je n'en vomlrais pour preuve q.uecette fête barbare, dite de l'Être supl'ême, et toute pleine de parfums, tl'autodafés où, de sa propre main, il mit le feu au mannequin représentant ((le monstre de l'athéisme. >> Quat1'Cmois après le teiomphe éphémère de la Raison, ses apôtres montaient sur l'échafaud clL-esséde longue main par leur implacable adversaire. Quelques paroles imprudentes contre les comitésj prononcées aux Cordeliers, fournirent l'occàsion d'arrêtet.' Hébert, Momoro et autres: l'orateur dtt gem·e humain, le grand, l'excellent Anacharsis Clootz les avait précédés dans la prison. Le 4 germinal an II, ils étaient condamnés à mort et guillotinés. Mais Chaumette, tout entier à ses fonctions de Procureur de la Commune, ne fréquentait plus les Cordeliers; on ne put l'englober dans la prétendue conspiration. C'est ici que se révèle avec toute sa --~------~------------------ (1) Voyez Michelet. Révolution française, t. V, p. ~ao. (2) Séance des jacol>ins du 5 frimaire, an II.

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