La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

74 LA .:\EVUE SOCIALISTE seize administrateur,-, trente-<leux 111emb1·esformaient la municipalité [Hl1·isienne qui, jointe a c1uafre-ving'1,-seize notables, élus également pa1· 1cc; sections, constituaient le conseil µt\néral de la Commune clo Pal'is. La suppression <les distt'icts fut un c1·èrn-ccN11·pour lc>spab·ioles. « O mes frès chers C'c)l'(l<'lic1·ss, '<•c1·iaCamille Desrnoulins, adieu donc à noll'e sonnette>, a notre fauteuil <'t à noh'<' i1·ihune 1·ctcntissante ei pleine cl'o1·atNn•,; illusil'<'s. A ta place, il n'y am·a plus qu'une gt·andc urne, une> cn1dw où les c·itoyens actifs, <1uine se sont.jamais n1s, vi<'IHh·ont clépos01· lcu1• s<Tutin cl disll·ilrnet· clos écharpes aux. trnis coulem·s à lïnfrigant le>plqs ad1·oit. Pfrisse, disent les ai·istocrates, jusqu'au nom de dist1·ict, nom fo1·midable qui 1·appellc>rait aux. Pa1·isiens l0u1· ii:toi1·c',la p1·ise d<•la Bastille et l'ox.p<•clition<leYersaillc>s! nous l<•s ·app<•llcrnns d<'s sections. (1) » Va, Desmoulins, consolc>-toi, ces jC'lrn<'s ""c·tions au1·01d biPntôi fait de s'acr1ué1·i1·un<' gloi1·1' nouv0lle d plns frlatantc> <'llCor<',jusc1u'ù cc que le couteau de 1;01·minal, aiguisè rar ioi-mi•rne. Yi<'nue éteindre, porn· un clemi-siè<.:10,la g1·an11<Y' oix. du pruplc 1ia1·isicn. Dans cette ville, loujours si gnm1le pat· ses souYeni1·s, i I est un qual'ticr intelligent cnlre les aut1•cs, som·c<' cl<>tout cc qu'il y eut rie généreux et tl'empol'té <lans la RéYolution. c·est lo quat·tiel' de la jeunesse: on l'a1>pclle le Pay.1 Latin. c·esi, là c1u·aull'cfois, au pied de la montagne Saintc-<;eneYièYe, les écoliers se p1·cssaicnt, attachés aux. lènes des Abailéml et clos nnillaumc de Champeaux. Là s'élè-Yent l'antique Sorbonne et, tout pl'ès, ramphithéùti·e abandonné de l'ancienne Faculté de mé<l<•cine, à côte de celle rue du Fouar1·c où les étudiants, étendus sm· cles bot tes ile paille, discutaient à l'em'Ï sur les textes <luPhilosophe et les connnentail·es de Thomas d'Aquin; ce qui faisait maugt·éei· lïrriLablc Pét1·arl1ue, ennuyé, <lit-il, de cc>tt<'vie dispulPus(• eL de c0tte 1·ue pleine de 1·ix.es et d'éclats <le voix. « conLcntiosa Pa1·isios et (1•agosus Sti·aminum Yicus >) (2). Non loin <lelà, sui· le vP1·sant orci1lental de la montagne, se YO,r,üLaussi le Yaste couYent dPs ccmleliors, de l'ot•ch·c dc>sfranciscains, occupant l'espace où s'<"lèYent aujom·<l'hui l'htipital des cliniques et les prwillons ,le dissection de n'•:cole tle mèd<>ciHe. .. C'est la que se tint en 1780, l'assemblée primait·c électcmtlc ùu qual'tic1·, connu alo1·s sot1,slP nom do (( clist1·ict des Ccwcleliers ». Danton rlcmeu1·ait près rlu com eut eL aussi ('ltaumeite, installé rue Mazarine, près tlu palais <1u'on appela dt>puis l'Institut. Ce <lct·nior était étudiant en médecine, comme nous l'app1·end :sa signature conscnéc sur le texte tle la fameuse pétition du Champ-de-Mars. (1) Révolutions de Frrmce et de Rrab:.tnt : N• 25. (2) Petrarca, Apologia contr. gall.

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