72 LA REVUE SOCIALISTE (les marchanrls n'était plus qu'un fonctionnaire comme un autre, entièrement sous la d(•pen<lance<lu1·oi. Le mal'cli :.n anil 1789-dale a jamais mèmo1·able, - les citoyens composant le Tiers-i~tat <lela Ville !le Pal'is, s'assemblèrent pou1' clési11·nc1·ceux d'enfre eux qui, sous le nom cl'électeurs, rlenüent n ' nommer directement les députes aux Etals-Généraux. C'était l'élection à deux. dcgl'és. La Yille antit été diYiséc, pom· cet objet, en soixante qua1'iiei·s ou disü-icts. Pom· faire partie <lel'assemblr<' de sou qual'tier, il suffisait dcjustifiei· d'un tilre d'offic<', de g1·alles dans une faculté, d'une commission ou emploi, <le lctti·es rle maîti-ises ou enfin de sa quittance de capitatio montant au moins à la somme cle six lines en pl'incipal (1); conditions assez laqres pour l'époque et <1nipC1·mi1·ent a Yiugt-cinq mille in<li-\'idusde pren<l1·<' part aux ôleciions du Tie1•s: on les appela rlès lors citoyens ach/1·, par opposition aux citoyens passifs, priYé!-3du rlt·oit (l<' sufft·agc. LC's électeurs, au nombre de tl'Ois cents enyn•<m.d<'signés par les assemblées p1·imaircs, se 1·ôunii·e1lt à l 'archeYrchô, et, les opé1·ations éleci'Jrales tcl'l11i11ées,ils déci(li>rent <1ue,ùans le but de su1·yeillcr lülm; députés, ils continm·aient à siég-e1·. C'est dans une cle ces l'éunions que l'ahhé Fauchet lem· pro11osacle se consti tue1· comme élus clu penvle, sou:; le titl'e cle représentants provisoires de la Commune de l'aris(2) .Déjà dans la réunion électoralf-1 du cle1·gé, Fauchet ayait soutenu la justice et la nécessité de cette organisation ùe::; habitants eu commune, lait que les historiens de la RéYoluion passent générakmcnt sous silence. Quoi t1u'il en s01t, <lans la nuit du 12 au 13 juillet 1789, les électem·s cnha1·dis pa1· l'attitude de la population parisienne s'installent définitivement à l'IIôtcl-de-Ville. Le lundi 1:.3,ils s'adjoignent le prévôt <les marchand:;, <leFlesselles, les échevins, quelques conseilllers, et ainsi su kouve 01·ganisée la première municipalité. Le 80 juillèt 178!), :;es membres en pal'tie renouvelés ou consacrés de nom·cau pa1· le su{frage des assemblées primaires, se déclarent officiellement les représentants de la Commune clePal'is. ' Mais l'esprit de réaction ne tarda pàs a s'emparer de cette pr<. 1 - miè1·cCommune, assez bien caracté1·isée par son maire Bailly, et par son commandant des ga1·des nationales, Lafayette. Effrayée des journées des 5 cl 6 octobre, elle crée dans son sein un comite' de sw·veillance, destiné à rechercher et à punir lPs instigateurs clc rnanœu nes, les prnvoeatcurs à la violence; les révoluliounait·cs n'ont qu'à bien se tenir! Cc n'est rien encol'e. Le 21 octobre 178ü ' elle demande à l'Assemblée et obtient immédiatement, un ùécrct (1) Lettres du roi du 12 août 1789, art. Xlll. (2) Chamfort, tableaux historiques de la Révolution.
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