La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

CHAUIIIETTE 71 par ma fnreur d'étndiee la nature et les monuments de l'antü 1u ité. « Je ne pus m'emuaequcr et, je revins dans mon lien natal, loujour:-; occupé de ·plantes et, <le li\'l'l's. J'y ai passé tout, le temps qui peécé<la la Révolut,ic,n, nP m'en éloignant <1uo poue <lillét ·cnts voyages rle Moulins à Pa1·is, rlc Pm·is sui' les bo1·ds de l'Océan, t'êvant, au bonheur, soupirant apl'cs la. liberté. » Ce fut donc la Révolution qui le fixa ùé/1nitiYcment à Pa.i·is, loin qu'elle l'y ait trouvé déjà installé, comme le veulent, certa ins biographes. Animé de cette louable ambition qui caractérise l'homme de cœur et d'intelligence, Chaumette se lança a corps perdu dans le mOLwemcnt.. . En 1700, à la mort ,ln Lousialot,, il cntt•a c;ommc rôdadeur aux Révol,4li1Jns de Pm·is ot se mit h rt•é11uent.Pt'a-;sidùnrnnt sa section. Qu'était-ce, maintenant, que los sec;t,iom;?Comment s'était con - stituée la Communr de Paris? Voilà cc qu'il impol'ie ,l'établir c laii-cmcnt pou1· la. cvrnplrte intelligence de la 1·évolution ùu 10 ao ût, qui porra du rnème coup J>antou au 111inistè1·e et Chaumette à la tête de la municipalité. Il n'est pas possible cle ,lisculei· ici longuement sui· l'ot·igine d u mot commu11e; qu'il s'ag-isse des c;omrnnnes de France au moyen ,lge ou cles communes d'An~lele1To, ,le Lenne e-xp1·ime, d'une fa çon généeale, la même idée : colle d'un co,·ps tle citoyens gérant le urs propres intérêts, le plus SOllYCnt,en face ,l'une autoPité (1·oi, seigneur) tenue en échec, rnalg1'é qu'elle en cùt. On n'a pas as sez remarqué que, lors cle la l'l'nnion <les J~t,ats-Généranx de 1789 , le Tiers-Etat Lint ses p1·cmie1·esassises sous le üfrc tl'Asscmblée <les Communes (llouse of commons) (l). Paris, fief eoyal immédiat, n'anti t,jamais eu <le cornmmio, à proprement parler. Plusieurs fois, poul'tant, dans les moments cr itiques, la Ville avait pris en main la di eecl,ion <lesafiai 1·es; les Pa risiens du temps d'Etienne' Marcel, ceux de la Ligue et. <le' la Fi·onde, sont, par certains côtés, les p1·é<léccsseu1·sdes "tainqucurs rle la Bastille. Mais ces µ:rantleurs, éphémrrcs du 1·cste, n'existaient même plus a l'état clesou-venir. Au début de la Révolution le préYôt (1) Il n'est pas douteux <1ueles comu1unes du moyeq âge n'aient eu pour la plup1u·t, leur source dans le municipe des derniers temps de la domination romaine. ,i Dans le midi de h Gaule où les anciennes villes 1·omaines subs istaient en plus grand nombre, dit .Augustin Thierry, et où, plu s éloignées du foyer des invasions, elles avaient mieux conservé leur popul ation et leurs richeRses, les tentatives d'affranchissement furent sinon plus é neq~iques, du moins plus complètement heureuses. C'e~t li seulement que les cité11affranchies atteignirent à la plénitude de cette existence rf·publicaine qui était, en quelque sorte, l'idéal où aspiraient toutes les communes. » (Lettres sur l'histoire de France. Lettre XIII.) •

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