LA PRESSE SOCIALE ET LITTÉRAIRE 747 LAPRESSESOCIALET LITTÉRAIRE . Chaque mois, à dater du nµméro prochain, nous ferons à cette place une revue de la Presse. En deux mots, voici ce que sera cette revue, et quelle presse nous choisirons. Le journal est un décalque de la vie sociale. Les aspirations, les craintes, les croyances, les tristesses du moment, s'y peignent avec une scrupuleuse fidélité. C'est un tort de croire que les journaux font l'opinion publique. Ils se bornent à en suivre le courant, guidés par ce merveilleux esprit de communion qui s'établit entre la masse des lecteurs et le journaliste,-toujours à l'insu de celui-ci, qui croit diriger. De là notre étonnement d'entendre parfois cette exclamation dédaigneuse : « je ne lis pas les journaux, moi! J> proférée par des psychologues, des sociologues, des homrµes de science et d'observation. Car ce sont eux surtout qui les devraient lire. Faite en hâte, dans le brouhaha de l'affairement, la lecture des journaux ne laisse pas, à coup sûr, cette large impression de consultation sociale, si importante, si féconde en déductions philosophiques. Le temps passe et la déduction est emportée. Et puis l'optique est défectueuse, de si près. Mais avez-vous tenté ceci: relire des journaux vieux de quinze jours, dans le calme? Magique évocation! C'est tout à coup comme un déroulement d'histoire. L'article politique, la nouvelle à la main, le banal fait-di vers, l'annonce elle-même, tout vit, tout s'éclaire, tout se dresse, et c'est une vision nette et lucide des hommes et des choses, débarrassés des laideurs de l'actualité. Eh bien ! notre revue de la Presse seea cette lecture à distance. Nous demanderons .aux journaux du mois ce qu'ils ont donné de meilleur, au point de vue socialiste, en polit~que et en littérature, et nous en commenterons l'esprit. Nous ferons en un mot la psychologie de cette grande tourment~ qui est la Presse, et qu'aujourd'hui la prodigieuse poussée <lu sbcialisme r.emue si diversement.
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