La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 7:J7 Toute commune est dotée d'un dispensaire où sont donnés des soins externes et immédiats; ces dispensaires se rattachent à un hôpital général où les malades sont envoyés dans les cas qui nécessitent un long traitement. Un service médical gratuit doit être créé partout; ensuitf', grâce à la nouvelle loi sur les syndicats des communes, celles-ci pourront s'entendre entre elles pour établir l'hôpital général et pour concourir à sa fondation et à son entretien proportionnellement à leurs besoins, à leurs ressources et à leur population. Comment fonctionnera le nouveau système? D'après le projet, au moyen d'un bureau d'assistance publique et gràce à l'établissement d'une liste spéciale d'indigents. Il y aura dans la pratique plus d'une difficulté au point de vue de la confection de ces listes, et cela pour ce motif qu'elles ser\'ir,mt en même temps à régler le domicile de secours pour les émigrants des communes. - Ainsi, par exemple, un habitant d'une commu:1e de la Creuse travaille à Paris ou à Lyon; il y tombe malade. Il est admis dans un hôp\tal de Paris ou de Lyon. Au bout <lecinq jours, les frais de traitement, si . ce malade est in crit sur la liste des indigents médicaux de sa commune, sont à la charge <lecette commune d'origine. Inversement, les Parisiens ou les Lyonnais, qui recenont les secours du bureau d'assistance médicale à Besançon ou à Odéans, devront être inscrits à Paris ou à Lyon, pour avoir droit aux secours médicaux pharmaceutir1ues gratuits. A défaut d'un domicile de secours communal, ces nécessiteux pourront avoir un domicile <lesecours départemental. Il y aura, sans cloute bien des points délicats à aborder; certaines petites communes n'ont certainement pas <les revenus suffisa11fs pour faire face à des chal'ges nouvelles; il faudra déterminer les conditions dans lesquelles le département viendra à leur aide. llne loi bien faite doit, autant qu'il est possible, prévoir la plupart <les circonstances locales qui peuvent modifler les dispositions générales qu'elle consacre, mais rien ne s'oppose à ce que celle--ci soit réfléchie et elle offre assez d'intérêt pour retenir pendant quelques journées l'attention de la Chambre, où les hommes connaissant nos intérêts communaux ne manquent certainement pas. Bien qu'il prête le flanc à quelques critiques, le projet de M. Bourgeois mérite assurément de ne pas dormir dans les cartons de la Chambre, car adopté, il apporterait une sensible amélioration au sort de nos populations agricoles. Conseil de p1·ud'hommes. - Un décret récent rendu en conseil d'État réorganise les conseils de prud'hommes de Paris. En voici les principales dispositions :

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