L'É\'OLUTION FAMILIAL:E 'ET LE SOCIALIS~IE 695 : •Que faire? Mourir lentement d'6puiseinent, ·o'u se mettre avec quelq'U'iin, sans que le cœur' ait pu choisir, et ainsi ajouter au servage industriel un autre genre de servitude qui brise l'être tout entier. Quelques-unes allument tin réchaud ou se jettent dans le fleuve, martyres ignorées des iniquités sociales; les impulsives et les faibles se laissent glisser dans l'horrible gouffre de la prostitution, pire que la mort. Sur ce mot de prostitution le bon bourgeois vous arrête. - Des prostituées il en faut, pour les soldats, pour la jeunesse. -Oui, il nous faut des prostituées pour les soldats, puisque notre société ne tient debout que par les armées permanentes, ruine du présent, effroi de l'avenir; oui, il vous faut encore des prostituées pour votre jeunesse et aussi pour les déshérités que votre mercantilisme familial éloigne du mariage. Mais ne comprenez-vous pas, imprudent bourgeois! que c'est pour cela que votre société doit se transformer ou périr, pour que l'humanité vive, pour que la morale, prêchée par vos moralistes soit accessible à tout le monde? Du reste ce n'est pas seulement dans le peuple que le capitalisme et son succédané le mercantilisme matrimonial imposent le célibat! Regardez autour de vous, honnête père de famille et vous aurez aussi à pleurer sur les vôtres. Elles sont de toutes les classes ces filles non mariées que le préjugé cruel et bête .croit flétrir du titre de vieilles filles. Par un ensemble de fatalités sociales, toutes à l'honueur de ces innombrables sacrifiées, ce sont les plus méritantes qui sont ainsi privées de famille. Ah! qui dira jamais ce que les hommes perdent de bonheur, la société de dévouement, la race de perfectionnements physiques et moraux, dans la condamnation au dessèchement sur la lanùe stérile, désolée et froide du célibat, de tant de magnifiques épanouissements de la force humaine? Et nous osons nous dire civilisés ! Quant à vous, méritantes victimes, consolez-vous à la pensée que des justices germent dans le sol qu'arrosent vos silencieuses et pudiques larmes., La sympathie qui va en ce moment vers vous est enveloppée de l'espérance qu'un jour toutes les forces, toutes les beautés morales, affectives et physiques de l'humanité s'épanouiront dans le bonheur et le devoir universalisés. Que ce vous soit une consolation, à vous qui souffrez surtout, de ne pas pouvoir vivre assez pour autrui. Mais comme nul effort n'est perdu de tous ceux qui travaillent aux pétrissements des justices, venez pour hâter le jour des grandes réparations,· venez prendre votre place dans l'armée grossissante de l'émancipation humaine. Venez, vous aussi, femmes ricain Elliot affii'me qu'un grande nombre d'ouv1·ières allemandes sont oùligèes de se suffire avec 2 fr. 85 ·pi,l-1' semaine·. • • . • • • .
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