La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE Tant seulement par Robirhon Ne Robichon par i\Iariette Ne par Agnes, ne par PéreUe Si nous a fait, beau fils n'en doutes, Toutes par tous et tous par toutes Chascune par chascun commune Et chascun commun par chascunc. Pour la femme du peuple le mariage était la chaîne de servitude; là-dessus l'opinion était générale, on ne laissait même pas à la jeune épousée l'illusion du début; <lans toutes les chansons populaires du jour <lenoces contenaient des couplets de ce genre : Adieu plaisirs et agréments J'y mettrai mon habit noir Mon chapeau de même couleur l\lon cordon de pénitence. La seule note gaie des mélopées paysannes à l'occasion du mariage était la note de l'adultère, pour avertir le mari qu'il ne devait pas épargner les raclées. Pour honorer le mariage il faut respecter l~s deux conjoints; or, en acceptant l'abominable droit de cuissage l'Eglise avait perdu le droit de parler de moralité conjugale, aussi est-ce aux progrès économiques et non aux moralistes qu'est dû le resserrement de l'union conjugale. Cela est si vrai que dans les xvre, xvu• et xvm• siècles, ce qu'on est convenu d'appeler la fidélité conjugale n'était de règle théorique que dans la bourgeoisie et dans la partie la moins pauvre du peuple. Dans les cours des Valois, des premiers Bourbons, des Stuarts et des principicules allemands, la jalousie était tenue pour un préjugé populaire et la fidélité conjugale pour un ridicule. Les courtisans de Louis Xl V n'eurent pas assez de huées pour le pauvre Montespan qui se permit d'être triste, quand le roi lui prit sa femme; et au rapport d'Hamilton, un courtisan de Charles II d'Angleterre faillit être écharpé pour avoir fait un mauvais parti à sa jeune femme qui chaque jour se donnait ouvertement à un amant de passage. Les rois, cela va sans dire, étaient ouvertement polygames, tels notamment, François I•r, Henry II, Henri IV, Louis XIV, Charles II. Heureux encore quand les maîtres des nations ne roulaient pas dans toutes les fanges érastiques, comme le très catholique et très pieux Henri III, ou quand ils ne plongeaient pas clans toutes les dépravations de l'inceste et de la folie érotique, comme le dévot Louis XV. • En consacrant le triomphe de la Bourgeoisie, la Révolution mit fin aux plus scandaleuses de ces impuretés : les rois eux-mêmes

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