MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ETRANGER GOO pom foire perdre à cette pacifique démonstrution son véritable caractère, et à jeter le gouvernement clans une voie de répression vers laquelle il ne se sent que trop porté. C'est clone avec tristesse que nous sommes obligé de constater que presque partout, en Europe, la manifestation du ter Mai a eu la liberté qu'on lui a refusée clans toutes les villes <leFrance. Seules quelques justes grèves dans le nord sont venues troubler la paix inaltérée de cette <( F~te du Travail », qui a été célébrée par la plupart des ouvriers qui ont chômé. Mais il parait que les patrons eux-mêmes de cette région ont donné une leçon au gouvernement, qui nous a si mal représentés à Berlin, et Youlait absolument nous « sauver >> le 1 cr Mai. D'aprb le Temps, ces patrons se seraient déclarés partisans d'une certaine réduction immédiate de la journée de travail et de la suppression du travail <lenuit des femmes, <les jeunes filles et des enfants. En outre, ils auraient reconnu c1ueles revendications des ouvriers sont en grande partie justifiées, et ils auraient exprimé l'avis qu'un va.-te pétitionncment soit organisé <lernanclant l'intervention du gou,·ernement en nte d'une entente internationale. Grâce aux mesures prises par la commission d'initiati,·e, dont j'ai donné la composition et l'appel dans mon dernier bulletin, grâce surtout à la di.-cipline des travailleurs, c1ui, comme les militants socialistes, ont su résister aux provocations policières et militaires des anarchistes du pouvoir (et aus.'i de la rue), tous étrangers à l'évolution économique moderne, l'ordre n'a risqué d'être troublé le ter Mai que par le p1·étendu parti de l'ordre. Ci-dessous le procès-verbal officiel rédigé, à l'issue de leur entreYue avec ivl. Floquet, par les délégués qui avaient été chargés <leporter à la Chambre ùes députés les vœux formulés par le Congrès international de 1889 : Conformément :i la décision pl'ise hier soir en assemblée générale des représentants des chambres syndicales parisiennes et des délégués au Congrés intemational de Paris, la clélégati,;m chargée de porter aux pouvoirs publics la pétition pour la journée de huit heures et les autres résolutions du Congrès international est partie à deux heures de la place de la Concorde et s'est présentée à la Chambre des députés. Elle a été reçue par le secréti),ire général de la présidence, qui a enregistré les pétitions émanant des chambres syndicales et des groupes socialistes de tous les points de la France, ainsi que les résolutions du Congrés, en vue d'une législation nationale ot internationale du travail. « Avis a été donné que ce pétitionnement collectif sera complété par les adhésions annoncées et non encore 1·eçucs et continuées pat· un pétitionnemcnt individuel qui commence aujourd'hui dans la population ouvrière. La délégation a été ensuite reçue par le président .de la Chambre, qui a déclaré être pénétré de toute l'importance de la question et ne pas douter de
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