La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

ws LA nE\'UE SOCIALISTE connu pour sa maxime : Tous les citoyens sont égaux devant la loi. La loi de Gar!} est admirablement adaptée au. cas du meurtre de Begely. Dans notre cas, au contraire, rien de tel. Personne ne peut dire et personne n'a dit si celui qui a lancé la bombe est un socialiste ou n0n. Dans le cas de Beuclu, il est positivement connu qu'il y eut un assassin et que cet assassin était soudoyé par qui vou;; savez. Yous vous étonnez, après cela, qu'on laisse tranquille « l'Association des citoyens » et Gl'innel, Armour et Pinkel'ton, mon ami, et ont créé un pl'écé<lent en leur faveur. En vérité, ces gens sont d'absolus monarques. Ils sont au-dessus des lois. Je maintiens - ce sont les expressions de Bebel - que, clans un temps donné, tous les maux qu'on décrit auront atteint un tel degré d'acuité, que non seulement la majorité du peuple en reconnaitra théoric1uemE-nt l'existence, mais que pratiquement on n'en voudrn plus. On s'en clébarrassel'a. Un universel et irrésistible besoin d'une réforme radicale s'emparera de presque toute la communauté. Alors le remùcle le plus rapide et le plus tranchant paraîtra le plus en place. Les révolutionnaires scl'ont de vrais opportunistes. * Les lois écrites sont comme les toiles d'araignée; les petits s'y prennent; les gros passent à travers. C'est un mot d'Anacharsis. Les « détrousseurs » de la République sont toujoul's en train de crier et de réclamer contre le peuple une forte armée, une armée de plus en plus forte. Les innocents ! Platon, dans sa Répiil,lique, les a pourtant avertis. Le pél'il n'est pas où ils pensent. « Un Etat dans lequel il y a des classes, n'est pas un, mais deux. « L'un, ce sont les pauvres, l'autre, cc sont les riches. Or, les riches « sont naturellement divisés entre eux. 11n'en est pas de même des « pauvres. » * * Peu après la clôture de la sinistre comédie jouée à la Cour de Gary, le major Harrison fut intcrwicvé-par un reporter. Il dit d'un ton Der : « Il a fallu donner un petit croc-en-jambe à la loi dans c< cette affaire; eh oui! ma foi ! nous nous sommes permis des

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