La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

5G LA REVUE SOCIALISTE tel était le but. En efiet, une troupe se fol'ma, une troupe <lemille cinq cents hommes solides et bien équipés. C'était le « Leh1· and \.Veh1·Ve1·ei1J » (SaYoir et pouvoi1·).Dès que nos patl'iciens virent que la canaille s'armait littèralement pour la défense, et pour rendre impossible des ag1·essions aussi scandaleuses que celles de 1877, ils inte1•yinrent auprès de l'autorité, qui interdit rigoul'eusement le port d'armes. L'intercliétion réussit. Les travailleurs, abando1111anlta lutte a1·mée, se mirent alors à la politique - une politique qui Youlait êti·e indépendante. J'acceptai moi-même plusieurs fois la candidature. Mais lorsque nos nobles patriciens s'aperçurent que le Pal'ti ouYl'ier, malgré les « grands électeurs», faisait passer les siens, ils 01·ganisèrent une conspiration à l'effet d'empêcher l'affranchü,sement <les trayailleu1·s. Les fraudes électorales de toutes s01·trs furent mises en jeu. Les travailleurs, de dégoût, jetèrent bas le bulletin de Yoto. 11 s·agissait do reprendre les vraies armes. Dès 1872, la section Chicago de l'Internationale ayait fondé un journal hebdomadaire allemand, le VorbotP (Pionnier). Ap1·ès les rixes policières et militaires de 1876, il deYint h·i-bebdomadail'e. En 1879, g!'àce à l'impétuosité du mouvement ounier accéléré par de sauyages agressions, parut un journal quotidien. C'est l'Arbeiter Zeitung (Joumal des travailleurs), un supplément hebdomadaire porto le nom de Fackel (la Torche). Par suite de dirisions dans le g1·andparti ouniet·, lo jom·nal pél-iclita. En 1880' je fus appelé par la Société de publications socialistes à la tète du joul'l1al mourant. Je le relevai. J'en fus l'éditeur depuis lors,jusqu'au 5 mai 1887, époque de mon a1Testation. Comme éditeur de l'Arbeiter Zeitur>g, j'eus beaucoup à faire. La « National greenback com·ention ",quise réunità Chicago, en 1880, avait occasionné une scission dans le grand pal'ti ouvrier. Il s'agissait d'un compromis entre simples rarlicaux et les socialistes naiment avancés. L'Arbeiter-Zeilung était à cette époque édité par Paul Grottkau. La tentalive de compromis ne réussit pas. Les deux factions reprirent la lutte. L'année suivante,le parti ennemi d'un compromis (anti-compromise faction) réunit un cong1·èsnational, qui se tint à Chicago en 1881. Il cherchait une réorganisation. Je fus nommé délégué. Mais ce ne fut <1uedeux an:'. après, au congrès de Pitsslmrg, que la réorganisation fut complète. J'étais là, en qualité de sec1·étail·e. L' « Association internationale des TraYailleurs • y fut fondée. Les principes généraux du socialisme étaient adoptés. Trente-six villes d'Amérique y étaient représentées. Les adhésions vinrent de toutes parts. La nouvelle « 01·ganisation " grandit 1·apidement. En même temps, grandissait notre tàche. Couramment, j'eus à faire trois ou quatI·e conférences par semaine,

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