LES ANARCHISTES BE CIIICAGO 505 souffrance, simplement pour avoir tout à lui, tenir tout le monde sous sa dc'-pendance, comme un serf, se faire adorer comme un dieu; porter <les bijoux, <le l'or, des chaine3 1 <les bagues, es uycr sa lèvre et se Caire après louer et célébrer, comme un homme pieux ... L'usure est une stupéfiante monstruosité; c'c t un monstre qui déYaste toute chose, mieux que Cacu., Gcrion et .\.ntée ! Et pourtant il se pare et veut être pris pour un homme pieux, afin de n'être pas vu, lor ·que disparaissent les bœufs qu'il cntrnînc cbnde tincment à sa caverne. Mais Ilcrculc entendra le c1·i des bœufs et des pri onniers; il ira chercher Cacu<; sur les montagnes, dans les rocs et les précipices; il délivrera les bœufs. f'c Cac.;usest un gredin; c'est un « pieux n urier >J - il <lérnbe, vole-, dévore toute chose . Et il n'en veut pas convenir. Pcr onnc ne peut le prendre sur le fait. Les bœufs qu'il emmène, il les fait entrer dandc:stinement et à reculons dans sa caYernc. You. Yoycz l>ien, dit-il en montrant leur. traces, <1u'ilssont sortis et non entrés. De même fa<;on l'usurier tente <ledévorer le monde entier, mais il s'arrange de manière à faire croire qu'il rend service au monde, ne f::tit-il pas sortit· des bœufs dont il lui fait don? l~n attendant il se gorge de leur chair, clans son antre. On roue, on décapite les Yoleur. de grand chemin, les meurtriers et les voleurs. Combien de temps cncoi·e faudra-t-il attendre pour qu'on étende sm· la roue, qu'on fraquc et qu'on maudisse et qu'on décapite les u uriers '? >J :\faintenant, mon amie, aucun socialiste n'a jamais propo5é une aussi terrible mesure que la mise sur la roue et la décapitation des hommes du « Boal'd or trades » qui sont le usuriers de notre temps. Nous sommes d'accorù avec Luthe1· sur le-table[l.u général <1u'ilen fait. Tous sommes moins expéditifs <1uelui, tout c.;cque nous avons jamai propo-é, c'est de rnctti·e un frein à leur infernal trafi.::. Le point que je veux mettre en lumière clans cc po.ro.llèlr, c'est que nous sommes condamnés à mort pat· de prétendus chrétiens, comme des criminels de droit commun, pour avoi1· dit des hommes du « Board of tracles ,, à peu près cc qu'en disent Christ et Luther. La seule diITérence est que nous avons été bien plus modérés qu'eux dans nos cxpres ions. Nous n'avons pas suivi l'éminente autorité de Luther : nous n'avons demandé le meurtre de personne. Les respectables hommes du « Board of trades J> de cette ville, du moins quelques-uns <l'entre eux, pas plus _tard que ce jour dernier, ont fait adopter une résolution clans laquelle ils parlent de moi comme d'un « criminel avéré 11. L'Inlei· Orean du même jour dit que mes camarades et moi a,·ons été condamnés à cause de notre « dangereuse philosophie ». Tous les autres journaux ont répété la même chose et le juge· Gary n'a pas manqué de rééditer le cliché dans le jugement. Si, en raison de mes vues, je suis un criminel,
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