592 LA HE\'UE SOCIALISTE peut assassiner des traYaillcurs par centaines, sans cncouril' le moindre chùtirnent. J'en conclus que le meurtre des ouvriers rentre sous la rubrique « crime politique>>. Ici, un législateur qui reçoit des présents, qui vole les droits du peuple et les vend à des corporations ou à des monopolistes n'est jamais puni. On voit bien que c'est là un « criminel politique». ki, ceux qui mettent à sac le Tl'C'.'soprublic, les gens à pots•de-Yin, les maîtres chanteurs, les commissionnaires, les vendus de toute sorte ne reçoivent jamais de correction. La grande tolérance qu'on montre à leur égard me porte à croÎl'c (1u'ils doivent être classés clans la catégorie des « criminels politiques ». Les gens qui falsifient le scrntin ont tous les droits i cette apppellation de \< criminels politiques >>; les policiers qui assomment les gens sont des « criminels politiques >>I.l le faut bien. Ils sont toujours impunis. Il fallait .-avoir la caractéristique exacte et la nature du « crime politic1uc>>en Amérique, Mac Lane avait nêgligé de les fournir. l\laintenant qu'elles sont données, tout devient clair. Le plus grand crime connu clans les Cours de justice amé1·icaines, clans les officines de capitalistes et peesque dans les officines de librairie, c'est d'être révolutionnaire. (Ju'est-ce qu'un réYolutionnaire? C'est un homme qui n'arri,e pas à se convainGre que le monde s'est brusquement arrêté, depuis que la bourgeoisie a si bien fait les choses. (Juel plaisant spectacle que les Américains qui renient Je Père qui les a faits, le Dieu qui les a créés, j'entends la Révolution. Ils me rappellent les réactionnaires d'Europe cl'il y a quarante ans. Luclwig Boe1·ne en a fait une frappante peinture: « Ce qu'ils veulent ce n'est pas seulement détruire la Révolution dans ses fruits déjà mûrs, dans ses fleurs, clans ses feuilles, dans ses branches et dans son tronc. Ils veulent en extirper les dernières racines, ses plus fortes et plus étendues racines, dùt la moitié de la terre être retournée avec. li::; s'en vont ayec la serpe, le sabre et la hache d'une place à l'autre, d'un pays ù l'autre, pour cette bcsoigne. Après avoil' déchaussé puis brùlé toutes les racines de la Révolution, après avoit' - clans leur pensée - annihilé le présent, ils se retournent sur le passé. Les voilà qui ont décapité la Révolution d'aujourd'hui. L'infortunée a - c'est entendu - rendu le dernier soupir. Mais la grand'mère, la Révolution ancienne, qui est morte, semblct-il, et enterrée depuis des années, si elle redevenait féconde? vite, il faut l'empêcher de se marier. Ces gens en sont venus à faire du Passé la fille J.u Présent. C'est de la folie ... C'est entendu; ils ont balayé la Révolution dans ce pays, il leur faut maintenant balayer,
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