LE MALTHUSlAè'ilS~IE 559 III A quelque chose malheur est bon! Le malthusianisme est un grand fléau, un fléau plus grand que la guerre, la peste et la famine ; mais le malthusianisme a ceci de bon : qu'il rendra nécessaire à bref délai la réforme sociale et la guérison radicale de tous l es maux engendrés par les vices organiques des institutions. Jusqu'ic i le prolétariat était seul à lutter pour son émancipation; désormais il aura un allié puissant. Kaguère encore, les classes privilégiée s pouvaient rester insensibles aux misères du travailleur et sourde s à ses revendications; aujourd'hui, elles ne peuYent plus rester indifférentes devant un fléau qui menace de tout ruiner, de tout anéan - tir. Il n'est plus possible d'ajourner les réformes; le moment e st venu de remonter à la cause du mal, à la cause de tous les maux en général, car la cause du malthusianisme est la même que cel le du paupérisme. C'est la crainte de la misère pour soi et les sien s qui force les parents à limiter lem progéniture. Non seulement le s enfants coûtent cher et sont un obstacle à l'activité des parents, mais, devenus grand , on ne trouve plus à les établir; toutes les professions sont encombrées, et c'est rempli d'inquiétude qu'on vo it arriYer le moment où le rejeton sera obligé de gagner sa vie. Où ira-t•il? Que deviendra-t-il? Il aura bien de la chance s'il parvien t à se caser convenablement! Telles sont les craintes qui forcent l'homme prudent à restreindre sa famille! Jusques il y a vingt-cinq ou trente ans, le prolétariat ne pouvait guère compter que sm· lui-même pour arriver à obtenir justice. C'est ce qui explique la devise de l'Association Internationale des fravaillew·s: « L'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Certes, ce programme n'a jamais été suivi ni interprété à la lettre. A la tête de l'Association, il y ava it des hommes instruits, sortis des rangs de la classe cultivée, et n'ap - partenant pas précisément à la classe des travailleurs. Malgré cela, on ne perdait pas de vue le programme et la devise, parce qu'o n était persuadé que ni la bourgeoisie, ni les classes supérieures, n e prendraient jamais sérieusement en main la cause des prolétaires. Aujourd'hui, tout est changé. Le prolétariat n'est plus seul à lutter; il a deux puissants alliés : la petite bourgeoisie et le malthu - sianisme. Les petits industriels, les petits commerçants, les petit s capitalistes et petits propriétaires, se sentant menacés ùans leu r existence par la féodalité financière toujours croissante, et d'u n
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