La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

GG2 L.\ RE\'UE SOCI.\LISTE <luitplus? N'est-ce pas souvent la société, le milieu, qui fait que tel est mieux doué que tel autre ? et alors comment la société peutelle lui tenir compte, comme d'un mérite personnel, de ce qui n'est r1ueson propre fait à elle, société? Xc pouvons-nous, dès lors, entrevoir la possibilité d'une société où, gorùcc à l'application de tous au travail, grâce à l'introduction <lesprocédés scicntiflqucs dans tout le domaine agricole et industriel, la société arriverait à produire les richesses en si grande abondance qu'elle en aurait largement, amplement pour tous, et pourrait <listribuer celles de ces richesses qui sont destinées à la consommation individuelle à tous ses membres, en tenant plutùt compte <leleurs besoins que <le leurs aptitudes, de la pleine satisfaction de tous les appétits légitimes que du plus ou moins d'heures fournies au travail social? ... Î\ous acceptons donc le collectivisme, même clans ses formes les plus élémentaires, depuis celui de \Vallace et Henry George jusqu'à celui de Karl Marx, de B. l\Ialon, etc., en passant par celui de Colins, comme des transitions successives ou comme des cheminements progressifs vers un idéal plus élevé encore. Mais le collectiYismeainsi entendu n'est plus cet ingénieux éclectisme entre l'individualisme et le communisme dont nous parlions jadis: c'est tout simplement une des étapes ou même une série d'étapes du communisme relatif, tendant de plus en plus vers le communisme total, complet, radical, s'en rapprochant indéfiniment sans l'attein<lre jamais, parce qu'on n'atteint pas l'absolu. Le collectivisme ainsi entendu, c'est la réalisation progressive de la dose de communisme compatible avec chaque époque, c'est-à-dire avec chaque degré de l'état économique et mental des hommes : c'est le CO~DIU:\"IS)llè PllOGRESSIF. Comme il s'achemine, en tâtant chaque fois le terrain sur lequel il évolue, en partant d'un collectivisme assez restreint, -qui se bornerait, par exemple, à la propriété collective de la t':lrre ou à celle <le quelques grandes industries, - vers un collectivisme de plus en plus complet au fur e!.à mesure que l'expérience en démontrerait la possibilité et la nécessité, ce communisme progressif est aussi le CO~DlU:\"lS)IE EXPÉRrnENT.\L. Lors donc que, l'un des premiers, nous employâmes le mot de collectivisme au sein des congrès <le l'Association internationale des travailleurs, il y a une vingtaine d'années, nous étions loin de Youloir opposer cc terme à celui de co1omunisme, ainsi que qucl- <1ues-unsl'on fait plus tard. Nous voulùmes simplement donner une appellation particulière au communisme partiel et relatif, progressif et expérimental, pour le distinguer <lu communisme absolu et purement utopique de ceux qui ont conçu dans leur cerveau un plan

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