La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

E, CORE LES LOIS DE FABRIQUE r,35 l'immense majorité des cas, le petit industriel fait juste ses affaires, il ne pourra suivre le progrès industriel, étant dépourvu d'avances. - Il y aura nécessité pour lui ou bien de cesser son industrie pour sauver son petit patrimoine, ou bien d'emprunter. D'autre part, ceux qui voudront lutter contre le~ gros capitalistes armés de toutes les forces de la science, de la mécanique et du crédit, ne tarderont pas à faire faillite. La concentration des ouvriers clans des ateliers de phis en plus grands, l'ac:cumulation des capitaux dans des maisons de plus en plus puissantes, s'accéléreront bien plus vite que sous le régime actuellement en vigueur.- La petite bourgeoisie sera ruinée, rejetée dans le prolétariat.- La civilisation capitali te prendra une allure plus vive, développera avec une intensité croissante toutes les tendances qu'elle recèle. - Cc conséquences si graves sont parfaitement exposées par K. Marx dans la _vigoureuse page que nous citons : « Cette générnlisation devenue indispensable pour protéger la « classe ouvrière physiquement et moralement, hâte en même temps « la métamorphose du travail isolé, disséminé et exécuté sur une << petite échelle, en travail socialement organisé et combiné en « grand, et par conséquent aussi la concentration des capitaux et u le régime exclusif de fabrique. Elle détruit tous les modes tradi- « tionnels et de tran ition, derrière lesquels . e dissimule encore en << partie le pouvoir du capital, pour les remplacer par son autocratie << immédiate. Elle généralise en même temps la lutte directe enga- « gée contre cette domination. Tout en imposant à chaque établis- « sement industriel pris à part l'uniformité, la régulnri té, l'ord1·e « et l'économie, elle multiplie, par l'énorme impulsion que la limi- << tation et la régularisation de la journée de travail donnent au dé- << veloppement technique, l'anarchie et les crises de la production « sociale, exagère l'intensité du travail et augmente la concurrence << entre l'ouv1·ier et la machine. En écrasant la petite industrie et le « travail à domicile, elle supprime le dernier refuge d'une masse de « travailleurs, rendus chaque jour sii,·nwnérafres, et par cela même « la soupape de sûreté de tout le mécanisme social. Avec les con- « <litions matérielles et les combinaisons sociales de la production, « elle développe en même temps les contradictions et les antago- << nismes de sa forme capitaliste, avec les éléments de formation « d'une société nouvelle, les forces destructives de l'ancienne. » (Le capital, page 217.) Ces deux conséquences : perfectionnement de l'outillage, écrasement de la petite industrie, nous ont paru dignes d'être indiquées. D• DELON.

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