La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE$ PRÉCURSEUHS DU .SOGIALISl\1E MODERNE 47 lective par l'adoption et l'application de six articles ùe loi a1ns1 conçus et rédigés : « 1° L'hérédité di_recte sans testament est de droit comme étant la seule qui soit nécessaire a l'excit.ation au ü·avail. « 2° L'hérédité collatérale ~ans testament est abolie comme n'étant pas nécessaire a l'excitation au travail. « 3° Toute succession ab intestat sans hél'itiors dil'ects est dévolue a l'Etat et appartient à la propriété collective. « 4° La liberté absolue do testei· est Je d!·oit comme étant nécessaire à l'excitation au travail. « 5° Toute succession par testament est passible d'un impôt de 25 p. 010. « 6° Le sol une fois entré à la propriété collective est Jéclaré inalinéable ainsi que ce qui lui est inhérent. Certainement les moyens proposés sont insuffisants; mais le but n'en reste pas moins inattaquable. En combinant les données de Pecqueur, de Vidal, de Louis Blaue, et de Colins avec le plan d'organisation politique do Fauvety et de Renouvier (1), on constitue une théorique et une pratique collecLiYistes complètes. Pourtant la nouvelle doctrine, à laquelle Colins venait (1850) de donner son nom de Cvllectivisme,n'était pas encore aux portes du triomphe, dans l'opinion publique. La cause principale en est dans la forme purement logique que lui avaient donnée ses pl'emicrs formulateurs. Il eût fallu indiquer la place du collectivisme dans l'évolution économique et conclure ainsi,non seulement à sa justice,mais encore à sa nécessité, étanttlonnées les conditions nouvelles de la production capitaliste. Ce devait être l'œuvre de Marx et du socialisme allemand. Malgr6 les indications précieuses de SaintSimon et de Fourier, personne dans le socialisme français ne se préoccupait de philosophie de l'histoire, de lois du développement de la civilisation et de processus social. Les idées d'évolution et de lois sociales n'étaient pourtant pas inconnues de la haute mentalité française du temps. Depuis 1839 Auguste Comte, l'illustre auteur du Système de philosophie positive avait enseigné que les sociétés évoluant d'après certaines règles résultant de la nature des choses et tout étant soumis à l'uniYcrselle loi d'un changement dans l'ensemble progressif, los phénomènes sociaux aussi sont soumis à des lois invariables et à des relations de succession et de similitude. -------------------- ---- - • -- --- (1) Organisation communale et centrale de la République, projet pl'Ôseuté li la Nation pour l'orgaoisatioo de la commune, do l'enseignement de la force publique, de la justice, des fioances, de l'Etat, par les citoyens H. Bellouard, Benott (du Rhône), F. Charassin, A. Chouippe, Erdan, Ch. Fauvety, Gilardeau, Ch. Reno1nier. J. Sergent, Paria, 1857.

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