La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

490 LA HEVUE SOCIALISTE dans tous les autres pays qui ont été représentés au Congrès socialiste international tenu à Paris en juillet dernier, ce vaste pétitionnement est « une mise en demeure aux pouvoirs publics de donner satisfaction aux justes revendications suivantes ii : • Limitation de la journée de travail à huit heures. Interdiction llU travail des C'nf'aots au-dessous de quatorze ans C't limitation du traYail des jeunes gens des deux sexe au-dessous de dix-huit an,;, à six heurce, par jour. Supprcs:sion du travail clc nuit, à l'cxccpLiou des branches d'indu,;tric dont la nature exige un fonctionnement iuintcl'l'ompu. Hepus ininterrompu de trente-six heures au moins par semaine pour tous les travailleurs, etc., etc. A:\'GLETERRE Les « IIuit IIeures >). - La Socinl Democretlic Fecle1·ation travaille activement à préparer la célébration de la fête des Huit heures. Parmi les Trades Unions, il y a deux courants, l'un favorable à la fixation légale de la journée de huit heures, l'autre qui préfère arriver à cc résultat par la seule force syndicale. Les mineurs anglais sont en énorme majorité pour la journée de huit heures. La journée de travail de huit heures, pour laquelle les partis ouvriers de tous les pays s'apprêtent à organiser des manifestations pour le premier mai prochain, a même été introduite et discutée au Parlement anglais. On se rappelle que la conférence des délégués des ouvriers mineurs, qui s'est tenue à Birmingham, le 23 janvier, sous la présidence de M. Fennwick, membre du Parlement, a chargé ce dernier et son collègue Cunningham-Graham de déposer un bill à la Chambre des communes, en faveur de cette réforme. M. Fcnnwick croit que les Trades Unions, par leurs propres forces, ne parviendraient pas à la mettre en vigueur partout. Il estime que, si cette mesure est « si excellente », il vaut mieux la fai1·e passer immédiatement dans la législation, de façon à ce qu'elle Lénéficie de suite à des millions d'êtres humains, tandis que si elle doit s'établir uniquement par la force des Trades Unions, elle s'appliquera seulement à quelques milliers de travailleurs, déjà plus ou moins privilégiés. Précisément, les plus malheureux, les plus surmenés, les plus exténués parmi les prolétaires, n'y participeraient pas, tout au moins dès le début. Fait remarquable : les députés socialistes Fennwick et Cunningham-Grnham ont été soutenus dans leur proposition par M. Atherley-Jones, un représentant du parti gladstonien, qui a publié naguère un article à sensation sur la nécessité de renforcer d'un élément socialiste le programme libéral, celui-ci étant trop anodin et trop muet sur la question sociale pour être admis avec faveur par les masses.

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