La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTHANGER g89 triels. Dans tous les c~s, elles vont servir de base à une loi de protection des ouvriers allemands, qui sera soumise sous peu au Reichstag, sans qu'on attende les décisions des autres puissances ayant participé ~ la conférence. Mais on espère qu'elles suivront l'exemple. Pw·turiiint montes, nasceliir ridiculus mus ... Cependant ne nous laissons pas aller à trop de pessimisme. Dans le domaine si délicat de la législation internationale du travail, il y a encore trop d'hésitations à vaincre pour que nous n'excusions pas à un certain point de vue ceux qui n'ont pas voulu s'exposer, par une marche trop hâtive, à une fâcheuse reculade. La chose essentielle, pour le moment, a été obtenue : amener les gouvernements à reconnaître qu'il y a là une question d'ordre international et à consentir à discuter cette question dans une conférence officielle. Ce résultat acquis, le premier pas a été fait. Nous voulons espérer que d'autres plus décisifs seront faits dans le sens d'une réduction sérieuse et d'une réglementation sévère de la dude de travail en faveur de tous les travailleurs de tout âge et de tout sexe. Les Mines allemandes. - D'après la statistique dressée par la Fédération professionnelle des mines, 27,038 accidents se sont produits en 1889, dans les huit grands bassins d'extraction. Ce chiffre est effrayant. La section de Bochum, comprenant le bassin de Dortmund, figure à elle seule dans le total pour un chiffre de 9,360 accidents. - 816 ouvriers ont été blessés mortellement; il en est résulté pour 616 d'entre eux· une incapacité absolue de travail. - Des dommages pécuniaires ont été accordés dans 3,176 cas. La moyenne de la journée de travail a été de douze heures dans la Haute-Silésie, de dix heures dans la Silésie-Inférieure, de dix à douze heures dans le bassin de la Sarre. L'industrie charbonnière a occupé, en Prusse seulement, pendant l'année 1889, 211,535 mineurs, soit une augmentation de 20,000 environ sur l'année précédente. • Les Conseils de Priid'hommes. - Il fonctionne dans un grand nombre de villes, à Francfort, Nuremberg, Breslau, etc., des tribunaux arbitraux (sorte de conseils de prud'hommes) pour régler certains différends entre ouvriers et patrons. On a prétendu en instituet· également à Berlin. Mais on a beaucoup de peine à se mettre d'accord : la municipalité désirait que les femmes fussent électeurs, et que l'âge d'électorat fût vingt et un ans. L'administration a refusé ces conditions, et le conseil communal a songé-à supprimer le droit des femmes et à élever l'âge de l'électorat à vingt-cinq ans. Les socialistes s'y opposent, mais il est probable que l'on passera outre à leur opposition. . Le p1·emie1·Ma.i. - Nos amis espèrent recueillir plus de deux millions de signatures au bas de leur adresse au Reichstag. Comme 32

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