La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

' LE~ ANARCIIISTES DE CIIICAGO 4ï9 point où finit la liberté et où commence la licence l Combien est-ce monstrueux, si l'on considère que la moyenne morale et intellectuelle d'un policier est rarement au-dessus de la brute! * * * Carles H, Harrison, maire de Chicago, était présent au meeting de Haymarket et écoutait le discours. Il a témoigné que le meeting fut tout ce qu'il y a de plus tranquille et que les discours prononcés étaient tout à fait dans l'ordre habituel. Il venait à peine de quitter le meeting, lorsque l'inspecteur Bonfield forma ses hommes en rang et commença l'attaque. Donc, puisque le maire lui-même a dit à Bonfielcl, quelques minut<..;Savant, que le meeting était tout à fait clans l'ordre, lfu'il pouvait renvoyer ses réserves, il ne peut rester aucun doute sur les intentions de Bon(i,elcl et sur le but qu'il poursuivait. 11a dit à M. Simondson avant la convocation même du meeting : « Si je pouvais mettre d'un coup la main sur trois mille environ de ces socialistes_. j'aurais vite réglé leur compte. » Le bailly de Desplaines slreet station a dit à un de ses amis : « T'allcz pas au meeting, il y aura du grabuge. » Il semble clone que le poli<.:ieren chef Bon(i,eld était << prêt pour le grabuge >) ce soir mémorable. « Grabuge » et « régler leur compte aux socialistes » dans l'argot de la police c'est même chose! Qu'il y eùt du « grabuge », tel était l'unique but de l'attaque de bandits faite contre une réunion paisible de citoyens. Dans un cas ordinaire, le parti assaillant serait naturellement tenu pour responsable de ce qui arrive; dans ce cas-ci c'est le contraire. On rend responsable des « fantaisies sanguinaires » de Bon(i,eld quelques citoyens qui se trouvent être parmi le parti attat[Ué, et d'autres qui n'y sont même pas, dont l'alibi est constaté,. qui ne savaient même pas qu'il y eùt un tel meeting! C'est un <..:ombleS. i nos cours de justice et nos officiers de !'Exécutif sont ce qu'ils prétendent être - les gardiens des droits du peuple et les soutiens de la loi - que ne poursuit-on et ne punit-on Bonfi.elcl, l'« homme aux fantaisies sanguinaires » pour avoir violé la loi fondamentale du pays et la Constitution. (A suivre.) NINA VAN ZA~DT. (Traduction de PAUL BUQUET)

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