La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

4Gl3 L.\ REYUE SOCI.\LlSTE capitaliste, le chômage et la surpopulation industrielle étaient choses presque inconnues; oserait-on dire c1u'il en est de même actuellement? ])'ailleurs, le salarié fût-il, au sens absolu, plus heureux que jadis, ou moins malheureux, s'ensuit-il qu'il ne puisse pas, qu'il ne doive pas être encore plus heureux ou moins malheureux! Sera-t-il seul placé en dehors <luprogrès général en n'en connaîtra-t-il les douceurs que pour les avoir procurées à autrui! Les avantages <1ucle salarié tient de la féodalisation de l'industrie et du commerce seront vite énumérés. Les entreprises les plus perfectionnées, les mieux outillées, assurent le présent et l'avenir à leurs salariés par des caisses de secours en cas de maladie ci d'accident, des caisses de retraite pour la vieillesse, des magasins de vivres, des logements à bon marché. Comme il serait facile de montrer l'envers de cette médaille et de constater que ces divers moyens d'améliorer le sort du producteur ont eu pour effet, sinon pom· but, de l'attacher liiiérakmcnt à la glèbe. Le magasin de viHes, l'économat, devient le régulateur de son salaire; la maison payahlc en vingt annuités l'attache à la glèbe, la caisse de retraite lui est fermée au seuil de la vieillesse s'il hrond1e : ious excellents moyens pour dociliser la masse travailleuse. l\Iais nous savons <l'ailleurs c1uc la féodalité capitaliste ne peut exister à l'état organic1uc sans se détruire en même temps, puis- <1u'ellevit de sa propre dcstrnction, et, par conséquent, c1u'il ne peut y avoir ordre et sécurit<'· pour les petits là où les grands sont contraints à se faire la guerre et ne sont pas eux-mêmes assurés du lendemain. IV. - Xéccssilé cil' la frans{onnntion i:ronomir1uc. On l'a YU par tout cc qui précède, le dé,·eloppement du capitalisme est la n<;gation même de l'idée de contrnt. La contradiction qui existe entre la servitude c'·conomic1ucrésultant du capitalisme et la liberté politic1uc résultant de la démocratie dcYicnt plus flagrante à mesure que ces deux formes sociales se <levcloppcnt paralli·lcment. Il existe donc nécessairement un autre mode économic1ueplus en harmonie aYcc la tendance générale du dc'·vcloppcment humain. C'est cc nouveau mode qu'il s'agit à présent de dégager, non pas seulement des faits économicrues actuels, mais encore des faits sociaux qui le nécessitent sous peine de dissolution du corps social. Euoi::-;r:: Fo\jn:-;1i::nE. (Lrt fin au l)rochain numé1·0.)

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