L.\ REVUE SOCI.\LI:::;TE <lait à l\lontfaucon un Enguerrand de l\larigny, un Semblançay, oü un Fouc1uct étaii condamné à une prison perpétuelle et, moins heureux ,1uc Bataine, ne s'échappait pas de Sainte-1\larguerite. Pour Je public, les financiers sont les concentratcurs de l'épargne grùcc auxquels on peut entreprendre des travaux de longue haleine et dont le produit ne viendra qu'à longue échéance. Ils sont les inierrnédiaires naturels entre les inertes détenteurs de capital et les actifs metteurs en rouvre du capital, ingénieurs, inventeurs, etc. Il y a lù du vrai; mais le financier n'a pas tardé ù grandir en impoetance à mesure que ses serYices étaient plus demandés. Si bien que, de simple organe <lecrédit, simple courroie de transmission de la machine économique rnoJerne, le financier en est devenu l'organe moteur et directeur. L'argent qu'il empruntait :':I. Pierre, rentier, pour le prêter à Paul, fondateur d'usine, a fini par demeurer entre se propres mains, ou plutôt l'usine elle-même, dont Paul n'est plus qu'un directeur salarié par le frnancier. Et Pierre? Il casse des cailloux sur la route. On peut <lire que le financier est le troisième larron. Ce n'e t rien apprendre aux lecteurs de la Rel'ue soriatisl<' que de leur dire comment le financier se substitue au patron, au chel' <l'indust1'ie. Les moyens qu'il emploie sont infinis, et ceux que l'on trouve signalés dans la Gccetle cles Tl'ilnmrnr,r ne sont pas les plus répréhensibles. Les krachs, résultats de l'agiotage ou de la lutte entre de puissants établissements financiers, souvent <lesdeux, les krachs, tlisonsnous, sont un des plus actifs moyens de concentration financière qui se puissent imaginer. En r<'-alité,dans ces grandes batailles, il n'y a de déconfits que les soldats de la finance, chétifs actionnaires que la baisse effare et qui cèdent leur papier artificiellement dépeécié pour un morceau de pain. A qui? Au baron de la finance, qui est le vrai vainqueur de ces batailles. On en a vu de ces barons. 1èl. Bessèges, à Vierzon), se réjouir de Ja grève qui rendait improductives pour un temps les actions des entreprises industrielles dont ils étaient les chefs. Affolé par le spectre rouge, le petit actionnaire se déml{nissait de son papier, et le tour était joué. ous allons, par la finance, à une concentration capitali te qui fcrn de quelques douzaines de financiers les propriétaires réels de toute la terre. Cette concentration nous sauvera, prétendent d'aucuns : la propriété industrielle, les moyens de circulation, le marché étant entre les mains de quelr1ucs flnanciers solidarisés, associés pour l'exploitation rationnelle du globe, les crises cesseront, la paix régnera, l'abondance aussi. Les milliards d'un Jay Gould, associés à ceux <l'un ::-.Iackay, d'un Rothschild et d'uu Ilirsch assueeront l'ordre
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