La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L.EVOLUTION DE LA PROPRIÉTÉ ET LE SOCIALIS:v!E 457 l'exploitation de l'homme par l'homme, sous toutes ses formes (esclavage, serrnge, salariat) ; 4• Qu'elle est incapable de se plier aux conditions et aux nécessités de la production moderne, et que, par suite, elle porte en ellemême le principe de sa destruction et de son remplacement par la propriété monopolisée aux mains d'une indigne et malfaisante oligarchie financière qui, si elle triomphait, remettrait l'humanité en servage; 5° Que le mal est si grnncl et le danger si pressant que tous les bons esprit s'en émcuYent, et cherchent le remède; 6° Qu'enfin, de l'aveu des meilleurs économistes, ce remède est dans la socialisation de la terre, conformément aux données générales du socialisme moJerne. Pour en arriver là, nous avons tenu à ne citer que les écrivains non embrigadés dans le socialisme militant; mais il y amai(, trop criante iniquité à ne pas mentionner dans un travail sur la propriété collective le nom du représentant le plus autorisé de cette forme s.ocialc : César de Paepe. Nous connaissons les principes de notre éminent collaborateur. Voici les moyens qu'il propose: 1° La iene pourrait appartenir à des collccti,·ités restreintes ou associations agricoles, comme certaines usines appartiennent à des associations d'ouuicrs industriels; ce serait, en un mot, la généralisat,ion des sociétés cot·porati,·cs de production dans le domaine de l'agriculture dont 1-:!s associations du Norfolk, en Angleterre,• par exemple d'Assington, nous représentent dès auJour<l hui le 1 type. Ces associations se généralisant, devenant la règle au lieu de l'exception qu'elles sont actuellement et tendant à se solidal'iscr, pourraient se répartir la Tente foncicre dê fa<:on à niveler pour chacune d"cllcs les con<liLions d'exploitation. (Ici, chez ces cultivateurs anglais, le trarnil collectif p!·écède donc la propriété collccli,·c.) • 2• Comme les conditions d'une bonne culture exi;:;-cnt que l'exploitation ait AU ~JOINS une étendue d'une lieu carrée (Yoir Fourier ainsi que Proudhon dans sa nournllc Théorie de la pl'opriété), on peut prérnir que le système tics associations agricoles aboutirait à la mise en commun des Lerrcs de la commune. Chaque commune rurale pourrait ainsi ne constituer qu'une seule association agricole (sans doute plus ou moins industrielle en même temps), et le sol se trou,·ei• propriété collective de la communale. t.a commune russe nous offre aujourd'hui un type de cette forme de la propriété collcdivc, bil'\n que souYent la culture ne s'y fasse pas par association, mais par famille. (Ici clone, dans la commune slave, la propriété colleclivc prècèdc la culiure collccti,·e.) 3• Le sol pourrait être la propriété collectirn de l'ensemble des groupes agricoles d'une nation ou d'une confédération de nations, et la haute direction de l'exploitation icnitoriale centralisée entre les mains d'un conseil nommé par les divers groupes de cu!iivateurs. Cet état de choses offrirait un~ grande facilité pour l'exécution des grands travaux de drainage, de défrichements, de reboisements, d'irrigation. C'est vers cet étai que tendait èvidemmcnt Proudhon, en 1858, quand il proposa de décréter, par· une loi, que lorsque, par l'accumulation d'annuités, le propriétaire serait entré dans la rnlem· de son immeuble, augmenté d'une prime de 20 0/0 à titre d'indemnité, la prop1·iété 30

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