La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

422 L.\ RE\'UE SOCI.\USTE En dessinant à grands traits les principaux contours de l'évolution propriétaire et en fai ant suivre cc traYail de quelques lignes con - clusionnellcs découlant logiquement d'une ommaire et conscien - cieuse élaboration, nous espérons avoir l'assentiment de tous le s amis de la justice. C'est à eux que nous nous adressons aYec confiance, sans distinction de partis et de sectes. I LA PROPRII°;Ti> PRIMITIVE ET SES SCRVI\'ANCES Les progrè faits en cette seconde moitié du dix-neuvième siècle par les sciences ethnologiques, anthropologiques et historiques n e permettent plus de contester « le fait si important en sociologiie, ù savoir qu'en raison des mêmes nécessités économiques, ces deux ins - titutions fondamentales, la famille et la propriété, ont passé partou t par les mêmes phases, dans leur évolution à travers les siècles» (l), depuis les constatations de Morgan, Summer 1'Iaine, Bachofen , Gil'aud Teulon, Letourneau et autres investigateurs recommandables dans l'ordre ethno-sociologique; d'Emile de Laveleye, de Fuste l de Coulange, etc. Dans l'ordre historique, il est bien établi, e n effet, que les premières formations sociales ont été constituée s par des agglomérations tribales ou parentales, les consanguin s et associés étant reliés, d'abord par l'égalité promiscuitaire, ensuite par la parenté par les femmes (Jfofrim·cat), puis pa r la parenté par promotion ; enfin, par la parenté masculine (Pcttï-im·cat). Dans les trois cas, les agglomérations parentales (génos grec, gens latine, clan celtique), possédaient collectivement la terre, les armes, les troupeaux. A l'avènement du patriarcat, l'organisation se resserre, l'égalité disparaît et le chef ou patriarche ajoutant l'exercice du culte à ses attributions, devient à la fois prêtre, roi et dispensateur; dans toute la force du terme, le m,aître. Les ethnologues le eonfirment en ce qui concerne les agglomérations parentales (2) parquées entre la sauvagerie et la barbat·ie; la Bible décrit très bien le patriarcat nomade de l'Asie mineure et d e l'Afrique occidentale ; Fustel de Coulange est lumineux pour ce qu i a trait aux primitives agglomérations parentales helléno-italiques. Dans son livre classique sur ce sujet (3), ce dernier écrivain (1 EMILE ur-: L\Vr-:u:rn: La prop,-iété collectice du sol en dijf'<!rcnts pays. (2) Encore subsistantes dans certaines peuplades arriérées. (3J La Cité antique, étude sur le culte de droit et les institutions de la Grcce et de Ho.me. Paris 1881.

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