LA fŒ\.UE SOCIALISTE « des peines qu'ils ignorent et qu'ils soupçonnent. Le sentiment de (< la solidarité humaine grandit en eux; ils comprennent que saYoir << oblirrc comme noblesse; que la science et le talent ne sont pas des « don; gratuits, mais les charges, les parts d'usufruit dans l'héri- « tage commun sur lequel les dé hérités ont des reprises (1). » Nous en acceptons l'augme de grand cœur; nous souhaitons <Ju'en effet le sentiment de la solidarité humaine grandisse sans cesse dans la génération qui se lève. Du reste, les partis ouvriers sauront l'y aider ou l'y contraindre; c::i.r, si nous envisageons les causes de ce néo-socialisme bourgeois, il en est une au moins dont l'évidence éclate et qu'il importe de signaler hautement comme conclusion pratique de ce travail : Il y a des socialistes bourgeois parce qu'il y a beaucoup de socialistes ouvriers, parce que la masse exploitée a cne conscience plus nette de ses droits, parce que ses revendications se sont affirmées avec une précision scientifique (2), parce qu'elle essaie de nouveau cette entente intemationale qui fit trembler le monde capitaliste en 18G9-70. Il y ::i.des socialistes bourgeois parce que l'élite du prolétariat pensant a adopté une attitude révolutionnaire et n'a pas eu la naïve simplicité de répudier l'emploi <.lela force « cette accoucheuse des sociétés » (K. l\Iarx). Voilà, croyons-nous, la cause essentielle de tant <lebeaux sentiments. Les réclamations chargées à balle sont les seules qu'on écoute. La société capitaliste croit son heure sonnée. Aussi se sent-elle enflammée d'une générosité bien subite. Fut-elle généreuse en 1871 quand elle se paya trente mille cadavres? Et, après 1871, quand chacun croyait le socialisme mort et enterré, qui songeait alors aux misères des « grands faubourgs énigmatiques et silencieux , ? A. DELON. (1) Jo1irnal des Débats, le" jan,·ier 1890. (2J Voir, dans l'Idée noucelle (ReYue sociale eL litLéraire, 16, rue du CroissanL, Paris, numéro du 5 mars 1890) l'arLide de Jules Guesde sur la Commune de Paris eLnolammen~ la conclusion : « Le collccLivisme 1·évoluLionnaire a fait " en France, depuis douze années, de1-;progrcs iels r1ue les prochaines cir- " constances ré,·olutionnaires nous trouveront prêts, non plus il succomber " héroïquement, mais à triompher. Nous savons tous aujourd'hui, en mème " temps y_ue l'uuicp1e cause <le l;J,misère des producteurs, le moyeu, égale- " ment unique, d'y mettre un terme: C'est l'expropriation de la minorité capi- " talisle; c'est la restitution à la société de toutes les forces de production; " c'est l'in<luslrie et le commerce soci:.tl substitué à !"industrie et au commerce " privés. De là notre force. Le pouvoi1·politique une fois entre nos mains, 110u,; « l'emploierons à la suppression du patronat ... » ,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==