LA. REVUE SOCIALISTE Jüciple Je Lassalle. Après nous avoir dit tout le mal quïl pense de la concurrence étrangère, il s'en prend à la concurrence commerciale inté1·i1rnre. On nous la donne comme une garantie naturelle du bon marché. Voilà la théorie. Les faits la démentent. L'avilissement des prix qui rend la vie si dure aux propriétaires et aux producteurs n'a pas pour contre-partie l'atténuation des charges imposées aux consommateurs. Ce sont les intermédiaires seuls qui profitent de la baisse. Que répondent les économistes, les amants de la liberté économique? Syndiquez-vous, clament-ils, opposez au syndicat des vendeurs le syndicat des acheteu1·s ! ou bien : développez les sociétés coopératives! Soit. « Mais où sont donc les bienfaits promis de cette liberté commerciale, que tout notre génie doive se tC1urner à nous défendrè contre elle! ,. Les libre-échangistes ont souvent reproché à leurs adversaires de tomber dans « l'ornière socialiste ». Cela n'est vrai qu'en partie. Les protectionoist.es demandent l'intervention de~ pouvoirs publics en faveur des propriétaires et des <'apitalistes, les socialistes au cont1·aire réclament des mesures de justice en faveur de la grande masse des travailleurs. Le but à atteindre ('st tout opposé. Mais il est très exact que les uns et les autres emploient des moyens analogues de discussion. C'est pourquoi on a pu dire, non sans rai!!On, que le mouvement protectionniste pouvait aider à l'éclosion ou au développement des revendications prnlétariennes. C'est dans la logique des choses. Qu'on se rappelle d'ailleurs l'amendement Jaurès, lors de la discussion sm· le droit de 5 francs 1 N'était-il pas l'aboutissant naturel de la discussion sut· l'élévation des tarifs de douane~ « Je déclare, disait M. Jaurès, que je ne suis pas un ennemi du régime protecteur; je reconnais avec beaucoup de mes collègues qu'il peut être bon de déroger aux principes du libre-échange ... Seulement il faut que la protection soit entourée de certaines précautions, qu'elle soit completée par certaines mesures de justice sociale. » Nous regrettons que M. Domergue n'ait pas cru utile de rapreler, au milieu de tant d'autres, ce souve!!ir qui a son importance. Il eût pu également insérer rlans ses notes l'amendement de M. Autide Boyer, qui demandait l'application officielle de la taxe pour prévenir le rcnchérnsement du pain, un tarif de salaire minimum pour les ouvriers agricoles, le maintien du taux des fermages au niveau de celui existant avant la loi de protection, l'unification et l'abaissement des tarifs des transports pour les céréales. Voilà des propositions tlont nous n'avons pas à discuter la valeur, mais qui certainement résultent directement des exigences protectionnistes. Quo\ qu'il en soit, l'ouvrage dont nous nous occupons constitue tout un code de politique douanière, avec commentaires et pièces à l'appui. Nous soupço,mons bien que M. Domergue n'appal'tient à aucune congrégation religieuse, mais nous pouvons affirmer que son livre est un vrai travail de bénédiction. E. RAIGA. Par suite d'une erreur de mise en page, nous avons omis, dans notre dernier numéro. un filet consacré à la fin prématurée de notre collaborateur, A. Toubeau, emporté par une fluxion de poitrine clans toute la force de l'àge et de la pensée. Ancien rédacteur de la Philosophie positive, auteur d'un ouvrage considérable, intitulé : l'Impot métrique, ia mort de ce travailleur consciencieux prive la Revue d'un collaboratem savant et dévoué, très rusé clans les questions agraires. Nous envoyons à sa famille l'expression de nos condoléances et de tous nos regrets. ---=--=-,------------------=--,-="""-=--- Le ])il'ecteur-Gérant:Benoît MALON. Paris. - Typ, A. DAVY, 52, rue Madame.
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