REVUE DES LIVRES 371 .REVUE DES LIVI\ES ~ Les différentes formes de l'impôt sur le revenu, par Antony Martinet. - t vol. in-8° Paris, Berger-Lev1·ault. Tout est extraordinaire en France, les hommes et les choses. Oh ! les choses ne vont pas pour le mieux: et les hommes n'ont rien qui dépasse la moyenne intellectuelle et morale des pays voisins; mais les uns et les autres se singularisent par leurs petits cùtés. Seulement, je crains fort que cette singularité no nous cause plus de préjudices qu'elle ne saurait nous rapporter de profits. Voici, par exemple, un sous-préfet, qui publie chez BergerLevrault une très intéressante étude sui· les différentes formes d'impôts existant en Europe ; une étude très claire, très complète, une véritable leçon des choses découlant des faits exposés sans p1·étentionsni système personnels. Pourquoi est-ce un fonctionnaire administratif qui traite clairement des questions d'impôt, tandis que les innombrables fonctionnaires du Ministère des finances, lesquels sont autrement réh'ibués et eu situation excellente pou1' recueillir toutes les données nécessaires, i;e bornent-ils à publier, quand ils publient quelque chose, des volumes indigestes de chiffres, accumulés au hasard, sans méthode ni clarté'! Mystè1·eI Est-ce qu'on sait, en France, pourquoi le calculateur est toujours évincé par le danseur~ Cela est et voilà tout. On constate les choses, on ne les explique pas. C'est déjà, cependant, un bon point acquis, qu'une constatation ; parceque, si elle est faite avec toutes les garanties d'impartialité désirable, elle permet de tirer des conclusions des faits. Ainsi, M. Martinet n'a voulu sans cloute, comme je l'ai dit plus haut, ré11nir dans son volume qu'un ensemble de faits i,latistiques su,· les diverses façons dont lïmpôt sur le revenu est perçu et établi dans les divers pays de l'Europe, et particulièrement en Angleterre et en Allemagne. Il s'est abstenu de conclure, d'indiquer fortement quel est le pays soumis au meilleur régime fiscal, Mais il suffit de parcourir son tableau comparatif, très complet quoique un peu sommaire, pour être fixé tout de suite sur le caractère primitif et inique du système français et les inconvénients multiples qu'il présente. On a souvent reproché à notre pays la turbulence excessive de 1,onesprit, Jes besoins de changement dont il est travaillé sans cesse. Les nations voisines redoutaient fort autrefois la contagion de ce qu'elles appelaient l' « inconstance française ». Ce reproche était fondé en partie, cai· on ne saurait considérer un peuple qui fait cinq ou six: révolutions dans moins d'un siècle, comme 1.m peuple essentiellement conservateur et fidèle à ses traditions. 4e danger de la propagation par exemple, s'il a existé pour nos voisins, n'est plus à redouter aujourd'hui. C'est fini, On y a mis bon ordre. Pésormais, la consigne est de piétiner et de ronfler. Certes, ce n'est peut-être pas l'envie de changer de place qui fait défaut au peuple français, mais il est solidement garotté et il aura beau se démener, il ne fera que retourner de .côté sur le gril 011 il ri>tit. Voyez plutôt pour les impôts: - Depuis un demi-siècle, à l'étranger, les vieilles formes fiscales se sont entièrement transformées. Des remaniements successifs ont totalement modifié les bases de la contributioo. sociale. Des défauts ont été corrigés, des formes médiocres améliorées, tout, peu ou prou, s'eat perfaotiow:aé. En France, tout est resté en l'état depuis la Restauration. Si M. de Villèle revenait, ,i.1 se.rait ~ à son aiae dans notre budget de troia milliards 4u'il l'était daWJ ceb&i de la Reatauration, lequel ne dépassait
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