CORRESPONDANCE 34\:.1 dans le monde, si ce n'est. encore le Juif?- dès le temps de Pompée et de Cicéron, on parlait déjà.de l'aurum judaïcum. Loin, d'ailleurs, que les autres peuples les ait 'tenus a l'écart, c'est un fait constant que dès les premiers jours de la di'aspora, les Juifs s'isolèrent volontairement. « Je veux bien taire des affaires avec vous, parler avec vous » s'écrie le Shyloch de l'immortel Shakespeare; c, mais je ne veux pas manger avec vous, ni boire avec vous, ni prier avec vo~1s. » Ai-je besoin.d'ajouter que ce que j'affirme de la race ne s'applique pas a la totalité des individus. Des hommes comme un Spinoza, comme un Karl Marx, comme un Lassalle ont droit a toute notre sympathie et à tout notre admiration. Mais ceux-là se sont mis spontanément hors du judaïsme; heureux encore quand la synagogue ne les a pas poursuivis de ses anathèmes comme ce tut le cas pour Spinoza, qu'elle tenta même de taire assassiner. Excusez-moi, mon cher ami, pour ces explications déjà trop longues. Vous avez bien voulu me prier de revenir sur ma décision, et je le fais avec d'aut_antplus de plaisir, que je n'aurais renoncé, qu'avec le plus vif chagrin, à l'hospitalité que vous m'offrez. Mais avouez qu'il est bien dur, lorsqu'on met tout son cœur et toute son intelligence à défendre une cause que l'on croit juste, de se voir renié par des collaborateurs dont l'appui moral pouvait êti-e d'un si grand secours daus une aussi rude entreprise. Je vous serre les deux mains, bien cordialement. A. REGNARD. Tous nos lecteurs rendent sûrement hommage aux savantes et superbes études que notre excellent ami Regnard publie dans la Revue Socialiste, sous le titre Aryens et Sémites. Elles sont, en effet, d'un aryanisme accentué de bon aloi ; Regnard voudra bien admettre - néanmoins que l'on peut en approuver l'esprit général, sans accepter toutes les conclusions. c·est justement le cas de Rouanet, qui (sous sa propre responsabilité, comme c'est le cas pour tout le monde en ce recueil de libre élaboration socialiste), a pris la question a un point de vue moins vaste et plus actuel. Ce faisant, notre ami a donné son opinion sur un fait de politique courante sans nier, en aucune façon, les fortes études ethniques-historiques de Regnard, dont nous attendons avec impatience, la continuation; et ce sont les lecteurs qui jugeront en dernier ressort sur le point qui divise ces deux maîtres ouvriers du même atelier collectif, de la même œuvre sociale, qui sont et restent des coreligionnaires et des amis. B. MALON.
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