ORGANISATION DES SERVICES PUBLICS 327 d'affaires et de négoce, qui ne se figurent pas non plus, sans doute, n'être que des rêveurs et des utopistes 1 Quant à nous, nous ne pouvons nous empêcher de voir, clansces services internationaux dont la bourgeoisie elle-même sent la nécessité et demande la création, les premiers linéaments de cette grande institution dont nous parlons dans notre Essat, institution qui aurait pour attribution de gérer d'une façon normale et régulière, conformément aux données de la science, les objets qui intéressent les habitants de toutes les contrées du globe et qui ne peuvent incomber à aucune de ces contrées en particulier. Mais si nous constatons que le besoin de certains services publics intercontinentaux se fait sentir dès aujourd'hui, si nous pouvons prédire que l'établissement de certains de ces services ne se fera plus attendre longtemps, et que pour les établir il faudra entre les divers Etats une entente permanente et en quelque sorte une confédération ou pacie (fœdus) portant sur certains objets particuliers, nous savons fort bien, nous ne sommes pas assez farci d'utopie pour ne pas savoir, que nous sommes hien éloignés encore de l'époque ou existera, <l'une manière complète, intégrale, la Conféderation universelle ou planetaire. Quelque pyramydale que soit notre naïveté, elle ne va pas jusque là. Et c'est pourquoi nous demanderons au rédacteur de la Gazette qu'il veuille bien se rappeler que dans notre travail, en parlant de confédération internationale, nous ajoutons cette simple remarque:« nous dirions volontiers universelle, humanitaire ou planetaire, si nous ne reconnaissions que, vu l'état excessivement arriéré de certains peuples, il faudra bien du temps avant que ces épithètes répondent a la réalité des choses.» Il est vrai que si l'on avait cité cette restriction importante, nous aurions semblé un tantinet moins utopiste qu'il ne fallait pour les besoins de la. cause, et il aurait été moins aisé d'amuser le bon public à nos dépens ; mais il paraît que ce sont là des procédés dont un journaliste ne doit avoir cure, et qu'il peut les abandonner sans scrupule à l'usage des gens naïfs et des honnêtes garçons. A côté de ces critiques ou. méchantes ou simplement plaisantes, nous avons été heureux de rencontrer dans la presse quelques analyses plus sérieuses de notre travail. Nous ne citerons que pour mémoire les appréciations impartiales du Times, du Nieuwe Rotterdamsche Cow·ant, et de l'Economisle français. Ce dernier a bien voulu reconnaître quelque mérite à notre modeste travail, notamment le mérite de la clarté et celui d'avoir défini avec exactitude la nature des services publics. Et si nous relevons cette déclaration de M. Leroy-Beaulieu, que le lecteur nous· le pardonne; ce n'est point par vanité que nous agissons ainsi; c'est bien plutôt pour ' opposer, au brevet d'ineptie et d'absurdité que nous ont délivré cer-
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