28 LA REVUE: SOCIALISTE qui, en fai ant pivoter une idée,,.y trouve mille facettes brillante::-, originales et inattendues. » Effectivement, le grand soin do Fourier est rle mettre l'homme dans un milieu favorisant le développement rlc ses facultés et satisfai:sant ses désirs, idéalisés dans une certaine mesure. <!. L'homme. nous dit-il, est ce qu'il est. Il sera toujours gui<lépar l'amour des richesses et des plaisirs; ses passions sont aussi etcrnolles que légitimes, il ne s'agit que de savoir los employer à son propre bien-être et au bien-être général. <( L'ordre sociétaire qui va succéder à l'incohérence ciYiliséo n'admet ni modération, ni égalité, ni aucune des -rues philosophiques; il veut des passions ardentes et raffinées ; <lès quo l'association est formée, les passions s'accordent d'autant plus facilement qu'elles sont plus vives et plus nombreuses. » Sur cc thème, dont b base est assez fragile puisque l'homme n'est envisage que dans ce qu'il est et aucunement dan::;son devenir, le réformateur ne ÜLl'itpas : « La raison, quelque étalage qu'elle fasse de ses progrès, n'a 1·ion fait pour le bonheur, tant qu'elle n'a pas procuré à l'homme social cette fortune qui est l'objet de tous les Yœux. » Il n'a garde, lui, ,le tomber dans le même défaut; il a pour tout le monde los mains pleines de biens et d'honneurs. Tacite nous apprend que Civilis échauITait les peuples qu'il conduisait au combat, en promettant à chacun cc qui lui plaisait le plus, parlant de gloire aux. Gaulois, do liberté aux. Bataves et de pillage aux. Germains. Fourier avait de la gloire et des richesses pour le savants et les artistes, des fortunes colossales pour les riches, du bien-être pour le peuple, et de -rastes empires pour les moindres principicules » (1). Ce naturalisme à outrance est basé néanmoins sur une conception qui mérite examen. Frappé de l'ordre sériaire qui préside à l'agencement et a la distribution de la vie universelle, Fourier pose en principes quel' attraction est universelle que les attractions sont proportionnelles aux destinées, d'où la conclusion que la série distribue les harmonies. Il n'y a plus, après cela,qu'à aider les hommes et les femmes, délivrés des servitudes et des préjugés actuels, ayant brise le joug de Ja famille à se grouper conformément a leurs attractions et affinités, et les distribuer en séries comb"inées; il en résultera la plus grande somme possible de travail productif et décoratif, de bonheur individuel, de richesses générales et de solidarité sociale. Voilà la vraie Yoie selon Fourier : « Le moralisme se vante d'avoir étudié l'homme a fait tout le contraire, il n'a étudié que ( 1) Histoire du 11ocialiame, tome II.
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