La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES PI\ÉCURSEtrns nu SOC[ALISME MODERNE Zî dit Jules Simon (1), lo saint-simonisme, par son beau coté qui était de frrme1· l'è1·e des gue1-res et de la 1·emplacer p al' de gmnrls travaux. cl'utililé publique, p1·oposa nno tr 1ns(ormation ,ln monclo matériel pour arriYer it une transformation politique et morale. « Michel CheYalier • pronai t la Mérlite1·ranée pour b ase <l'opération et proposait un chemin <h! f01· reliant les peuples <le l'Occident à. Constantinople et descendant jusqu'it Alox.ancll' ie cl'Eg,rptc et au golfe Pen;iquo. Il perçait l'isthme de SuPz et mottait. ainsi torn, les peuples eul'oJJéens en communication ,lirecte ayec n~xt1·êmcOriont. Ce fraya.il gigantt>sqnc doYait coùlcr dixhuit milliarrls. Il ne se hol'llait pas absolume11t il. la Mt!clitol'ranoe et à l'isthme de Suez. 11jetait <les reg,ll'(ls sur l'Amérique, qu'il br itlait de connaître•, ot qui n'ét.ait pas, comme aujourd'hui, notre Yoisine. Lit aussi il tl'om·ait des Yoies a ouni1· pour porter rapi,lemont la ciYilisaLion jusqu'aux. cx.irémités <lu globe et il propoi:-ai t le perccmonl de l'isthme <le Panama. « Cetécl'ii l'cmonle à un demi-siècle. Pc1·cc1·<lesisthmes! Ent.om·cr ln. l\1éditrr1·an{\C <l'un cr1·cl1•111• chc>minsde fp1• ! Dt•pensei- clix-huit millianls ! Cela pa1·11trxt1·avagant. Le hudg·eL de la Fmnct> était alot·R,l'un milli,u·,1. Le plus g1·and chom111 dl' frr 1•urop6cn était, CC'lui ,le l\fancheste1· à Li rnrpool. Lr.s con te1nporai11sp1·iren t, cr. pro- _jct très sôrieusoment et.uclié pour uu ri•rP à la raç-on dl' ceux de Fourirr et accusèrent :\fiehel Cheyalit•1· rit> n'èl ,·e ffUC' le romanciet· de l'économie politique! n Combien d'autres mes cle crlie amplru1· sont due s ft l'cicolesaintsimonienne ! Est-il étonnant après cela que la nmn·rlledoc1rine ai1 ex.allé l'élite ,le toute une génération intellecturllc et produit clPs mi1·acles de propagande? Pom· être moins philosoph.iqrn', moins ,1an::1le com'ant historique rle l'éYolution humainr, ln doctrinr rie Fourier 1ùi été ni moins pasi:-ionnantc, ni moins 12·oné1·eusc.ni moins féco nde. « Le fourié-• risme, LliLLouisReyuaud, peul se rc\sumer en t1uel11uos mots: émanciper et combiner les passions, associor les racultè s et les intérêts, fairP prôYaloir dans le mon,le physique ot moral l 'aUraction sur la répugnance, trournr dans le spectaclo de l'unire1·s la voio nnalogique de nos destinées, voilà ce qn'il , eut,, ('l. pourtant si courjo qu'elle s01t, cette formule n'rst rien moins que le rnno1 1vellern<'nt entier üu globo. Orla tient iJ, µn<! ntet'YPill<'\J:iO facnlt(l rlt· l'inYf'llit~111' (t) Lecture à l'A.cadimie des .~c.ience4morales et p11litjgue, décembre tBt!Q. (2) Communication à l'Académie <les sciences morales et politiques, no vembre 1889.

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