LES PRÉCURSEURS DU SOCIALISME MODERNE 25 paix doit succéder a la guerre; l'actiYité productrice à l'activité destructrice, la justice a l'iniquité sociale, l'amonr à la haine, le concours aux autagouismes, le bien de tous aux pl'iYilèges. Voilà ce que doit en eigner la nouvelle clocfrine qui surgit pour montrer aux. masses suffrantes « les collines saintes que commence à blanchir la lumière et nous permet déjà, aux lueurs de l'aube naiKsante de chanter « l'hymne sainte de l'Association pacifique universelle». Un devoir en découle;« les poètes ont placé l'Age d'or au berceau de l'espèce parmi la grossiéreté et l'ignorance des premiers temps. C'était bien plutôt l'àge de fer qu'il fallait y rélép;uer. L'âge d'or du genre humain n'est pas derrière nous, il est deyant nous; il est clans la pei'fection de l'ordre social; nos è1·esne l'ont point vu, nos enfants y aniYeront unjour,c'est à nous de leur entr'ouvir la route.>) A ceux. qui savent tout cela, tle proclamer les vérites sociales nouvelles. L'homme veut, pense, agit, l'élite humaine tloit donc se diviser en artistes qui émetrvent les hommes, en savants qui les éclairent, en industriels qui dirigent leur activité matérielle, et le but de tous doit être l'amélioration morale et physique, l'acheminement ,tu b-ienétre de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. En effet le mot progrès ne saurait avoir une autre signification que celle d'abolition de l'ignorance et de la misère, par l'abolition du militarisme, ,les privilèges et de l'exploitation de l'homme par l'homme. La division sus-indiquée nous <litle but général de l'enseignement rénové. Ce sont des arti'stes, des i'ndustriéls, des savants, qu'il s'agit de former.Pour chacun d'eux.,il y aura une instruction spéciale; pour tous il y aura l'éducation morale, qui se présente comme une sorte de préparation à toutes les destinées individuelles; au terme de cette éducation auront lieu les élections, dont le but sera de répartir les individus selon leur aptitude et leur vocation. Tous les hommes sont égaux; ils ont droit aux mêmes prérogatives, aux mêmes jouissances, la société ne cloit reconnaître d'autres inégalités que celles résultant de la différence clescapacités. A chacun selon sa capacité, à chacun selon ses œuv,·es, ce qui sous-entend une réforme du droit de propriété et l'universalisation du travail. • La propriété a été modifiée d'àge en âge ; elle peut cloneêtre modifiée encore. D'un droit de nai sance qu'elle est, il faut en faire un droit de l'intelligence, il faut que, comme les autl'es charges sociales, elle soit donnée aux plus dignes. L'héritage est aujourd'hui le dernier refuge de l'oisif (1). Pour supprimer l'oisiveté et affranchir (1) « Ils nous répètent sans cesse que la propriété est la base de l'ordre social, nous aussi, proclamons cette éternelle vérité. Mais qui sera. proprié-
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