La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

• LES ÉLECTIONS ALLEMANDES 255 a_nne~ion. Mais le parti catholique, tout-puissant à Strasbourg, s abstmt en masso, préférant (aciliter par son abstention l'élection de M. Pétri, que favoriser l'élection d'un socialiste. Au second tour de scrutin, les socialistes ont bien conclu des engagements avec les partis d'opposition, mais ces eno·agements d'ail- . . b ' leurs re~iproques, devaient expirer au lendemain des ballottages, et au Reichstag, nos coreligionnaires seront traités en ennemis par tous les partis. * . . Les journaux (rançai::; ont exag(,ré le triomphe des partis dits d' « opposition ,,. EYiclomment, la politique intérieure de M. de Bismarck. a subi un échec. Mais cet échec ne désorganisera pas pour cela le gou\'et'nement. Le parti du Cai·tel était le pivot de la majorité. Ce piYot sera déplacé, voilà tout. D'ailleurs, la publication des rescrits rend singulièrement facile le déplacement de l'axe parlementaire. L'empereur s'est déclaré partisan d'une réglementation sociale du travail et d'amélioration à apporter dans la situation des classes ounières. Or, les partis Yictorieux, les catholiques et les progressistes, ne sont pas opposés aux vues de l'empereur. On pouyait croire que les prop-ressistes feraient quelque difficulté pour suivre Guillaume II sur ce terrain. L'adhésion deVirchow a levé ces doutes, et la victoire de ces deux. partis peut être revendiquée par le gouvernement impérial comme un succès pour sa politique. Une majorité gouvernementale nouvelle est clonetoute prête. En faisant aux catholiques les concessions qu'ils réclament, avec les ,lébris do l'ancienne majorit6, le gouvernement impérial disposera fout ,lr suite d'une majorité compacte à laquelle il fera Yoter tous les c1·c<lils. Seuls, le-; socialistes restent irréductibles. Aujourd'hui comme hier, le succè-; croi~sant ,le leur propagande est le danger qui menace l'Allemagne capit.aliste et militaire. Toutes les armes forgéesjusqu'ici pour les combattreontété impuissantes. Aquelsmoyens nouveaux l'empereur aura-t il recours pour arrêter ce mouvement? Continuera-t-il la pratique sociale inaugurée par les rescrits? Ce Reraii tentant, pour une intelligence ambitieuse d'une gloire plus haute que celle des champs de bataille. Mais le jeune souverain s'engagerait la clansune voie singulièrement périlleuse, semée d'obstacles de toute nature. Tant qu'il s'agira de combattre les progrès du socialisme par des lois de répression, l'empereur trouvera dans les partis bourgeois un concours énergique. Il n'en saurait être de même le jour où, pour rallier la classe ouvrière, il toucherait aux privÜèges capitalistes. Ce jour-la, les intérêts menacés formeraient

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