252 LA REVUE SOCIALISTE Dans ces dernic1•s,on semble n'avoir qu'u ne crainte ; c'est que le caractère révolutionnaire du but n'appar aisse point suffisamment et que la série de revendications plaisamment appelées « d'ordre immédiat » soit trop brève. En conséquence, on accumule les articles, enchevêtrés comme la matière d 'un code. On y trouve de tout, dans ces programmes. C'est un casse -tête chinois pour la masse qui n'a pas le temps de les lire. Quant au x hommes éclairés que la tournure de leur esprit encore incertaine porterait à l'adoption des idées socialistes, il n'y a pas de milieu : ou ils doivent accepter d'emblée tout le catéchisme, ou ils sont d édaigneusement repoussés par les gardiens du temple. Ne demandez pas de sérier les revendications sur le terrain pratique - on l'exagérera plutôt pour ne pas être dépassé par le programme d'à côté et suspecté par les rivaux de modérantisme bourgeois. Le parti socialiste allemand, lui, se borne à prendre quelques-uns des desiderata dont l'accomplissement serait de nature à réaliser un ,progrès et c'est dans le développement de ces points, très simpl es, qu'il formule la doctrine générale du socialisme. Combien faudra it-il de législatures fran• çaises pour faire aboutir les projets de ré forme contenus dans nos programmes minimum? - Une législatio n ordinaire du Reichstag suffirait pour codifier le programme immédiat du socialisme allemand (l). Qu'on juge plutôt : « Le parti ouvrier socialiste de l'Allema gne demande, comme « réalisation immédiate et possible, même au sein de la société « actuelle: « Le maniement des armes et l'exercice mi litaire pour tous. Des « milices à la place des armées permanente s; « Suppression de toutes les lois d'exception , notamment de celles « qui affectent la presse, le dr0it de réunion et d'association; « Éducation du peuple, universelle pour tous et pour toutes, • donnée par l'État; « Une journée de travail normale, corresp ondant aux besoins de • la société. Interdiction du travail le di manche ; « Défense de faire travailler l'enfant; c Droit illimité pour les caisses de secour s ouvrières de s'admi- « nistrer elles-mêmes ; « Un impôt unique, savoir l'impôt progres sif sur le revenu à la u place de tous les impôts existants. • Nous insistons sur ce côté pratique et re lativiste du parti socia- {1) Il est juste do faire observer que cette absence de sériation des réformes n'est pas particulière aux socialistes; toua les partis politiques bourgeois agissent de mêmeen France.
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