La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

Zl6 LA REVUE SOCIALISTE est fait poul' eux. De droite et de gauche, autour d'eux, tombent leurs semblables; c'est paL' eux qu'ils sont tués, ils s'en soucient peu. AYecleur machinisme, ils transforment en pièces rl 'or le sang mème et la santé des peti(,s. Pa1· le surmenage, ils assassinent, comme je l'ai dit, femmes et enfants; pae le chômage ils font mourir de faim les hommes yalülcs. Et ils se disent chrétiens! De purs chrétiens, en effo(!, On se demande comment de telles choses sont possibles et l'on ne trouYe qu'une réponse: la cause en est au système de la compétition privée. Dès que cette réponse est comprise, immédiatement s'impose a l'espl'it, la pensée d'un système de coopération vraiment sociale et 1·ationnelle. Le dilemme est posé. Les lois pb;ysiques et morales, les deux ne faisant qu'une, sont inéluctables, un corps, consciemment ou non, se meut toujours dans le sens de ligne de moindre résistance. Ainsi se comporte la société, comme un tout. La concentration ,les moyens de production sous le système capitaliste privé, est l'ayant-coureur de la coopération sociale. Nous nous mouvons dès aujourd'hui dans cette direction. Nous ne pouvons plus revenir en arrière. La force des circonstances nous mène irrésistiblement au socialisme. Le Révérend Dr Sendder demande alors à Spies quelles sont les mesures qu'il propose pour arriYer a l'expropriation effective cles classes possédantes. La question contient la réponse. Ouvrez les yeux, voyez la tempête grandissante qui secoue le monde industi·iel; d'un côté des capitalistes qui s'accrochent a leurs principes désespérément et qui n'en veulent pas làcher un pouce; de l'autre, un peuple di:iprolétaires poussé par l'ext.rème misère aux. rlernières violences. Ainsi. le remède dont Yousparlez est la violence? Le remède? sans doute on préféeerait qu'il n'y eut pas <leviolence; mais puisque c'est impossible et que vous prenez, Messieurs, tout le soin de le rendre impossible, qu'y faire? Va-t-on supposer que les travailleurs cl'aujourd'hui, en masse, iront trouver leurs exploiteurs et leur diront a chacun personnellement: « Ecoute1.,Monsieur, vous sayez « bien que Yotre façon d'administrer notre travail ne peut plus nous « convenir; elle a cledésastreuses conséquences. Nous en crevons, « le::-uns, ceux qui ont de l'om·rage, meurent par excès de labeur cc fo1·cé,les autres, ceux qui ch6ment, sont tués par la faim. Pendant << que des enfants sont surmenés, presqu'à en périr, dans les manu- « tact.ures, des hommes robustes eL solides sont réduits a une inac- « tivité qui les mine et les ex.termine. Une petite classe de respec- « tables gentlemen Yit dans le luxe et la jouissance; la masse « souffre. Tout cela, vous le sayez, est le résultat direct de la façon << <loutvous gérez non pas vo:-;affaire:-;peut-être, mai:-;les nôtres.

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