La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

212 LA REVUE SOCIALISTE Jay Gould, ce très honorable citoyen, i.-ous .r 1·encontrerez Yos esclai.-eset i.-osparias, et i.-ousne pourrez les méconnaître. Dites-moi ensuite si un lcl 01·clre::-ociala en lui le moindre p1°incipede rnoralitè qui vaille qu'on l'épa1·gnc. J'affirme que i.-ouloir conseri.-er un tel ordre, c'est être criminel et meurtrier. Car un tel or<lre, c'est tout simplement la destruction systématique des enfants et des femme::;dans les usines, leur meurtre prémé<lité; c'est la cultlU'e sai.-ante de la maladie et de la dégradation. Dans de Yastes armées de trai.-ailleurs, c'est la pépinière de l'intempérance, de l'alcoolisme, <lela prnstiLutiou sexuelle et intellectuelle, mais c'est aussi - eLi.-ousue pouvez l'oublier - l'excitation permauente à la haine des classes, à la réi.-olte sanglante. Voilà rntl'e ordre! Yous en êtes les champions nés. Vous êtes bien faits pour cc rôle. Il e::;t à i.-ofrc taille. Mes compliments 1 Mais Yoici que Grinnel se line à un iutermède littéraire, reparle <leVictor Hugo. Il se réclame de cc grand écrii.-ain - il en connaît tout juste ce qu'un policier de rno)·enne culture peut en connaîfre. Vou$ citez, nous diL-il, Viclor Hugo, mais il n'est pas réi.-olutionnaire. Je ne Yais pas entamer une discussion philosophique ai.-ec Grinnel; je lui t't;pondrai simplement, avec un <lenos philosophes allemand& : c, Notl'e bourgeoisie élève des monuments à l'honneur et à la mémoire des éc1·iyains llits classiques. Si elle sai.-ait seulemênt les compl'end1·e - ca1· il peut se faire qu'elle les ait lus - elle n'hésiterait pas à les brûler». Mais ,;oici plus fort. Parmi les articles lus ici et tirés de l'Arbeiter-Zeitung - pour ron,;aincre les anarchistes cledoctL·inessauyages, ignorantes et dangereuses - se froui.-e une varapbrase du morceau bien connu de Gœthe, dans le Faust, qui commence ainsi : <c Les lois et les priYilèges de classe qu'elles consacrent se ti·ansmettent de père en fils comme une maladie héréditaire. » On n'a pas la main plus heureuse. Encore mieux. M. Ingham, dans son ath-esse aux jurés très chrétiens, fait allusion à nos camarades de la Commune de Paris en 1871. « Ils ont, dit-il, détrôné Dieu, le Tout-puissant, et installé à ·sa place une prostituée. 1> Cette phrase est un meryeilleux succès. Nos bons pP-res chrétiens se voilèrent la face d'horreur, et un peu de cette horreur rejaillit sur nous. Il n'y a qu'une petite difficulté; c'est au siècle dernier, et non en 1870, qu'a été célébré le culte de la Raison. Autre petite erreur, ce n'est pas une prostituée, mais une et citoyenne de Paris » qui figura allégoriquement la Raison humaine. Parmi les organisatem·s et les spectateurs de cette fête, il y avait, sayez-vous t1ui?Thomas Payne, l'américain Thomas Payne. Faisant allusion a une lettre de Most, lue ici, M. Itr1gham dit, en parlant de nous deux : t< Ils ont eu l'intention manifeste de détruire d'un seul coup des milliers de Yies innocentes a Hocking-Valley. »

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