208 LA REVUE SOCIALISTE tion comme une pièce ùe théàtre. J'ai assez étu<lié pendant dix ans la philosophie sociale pour qu'on m'épargne une pareille imbécillité. Cequi ne m'empêche J)as d'êti·e conyaincu qu'une rérnlution presque uniYerselle est proche, que nous la touchons, mieux encore qu'en fait nous sommes en pleine pfriocle réYolutionnaire .. Je suis clone coupable de predirc et saluer la RéYolution. Mais le médecin ne peut être 1·endu responsable <leson 1liagnoslic. Est-ce sa faute f'-ile nH1.la1lme eui·t comme il l'a ,lit? S'il y a dans ceci quelqu'un a blâmc1·, ce ne peut être <1uela bourgeoisie. Elle s'obstine à refuser des concessions et des réformes <levenues nécessaires. Elle prétend pouYoir (•nlmver le p1·og1.·eest <lire « anête ! >> aux. fo1•ces éternelles dont elle n'est elle-même qu'une forme transitoi1'('. La position génét-alement prise pat· nos accwmteurs, en cette affaire, est celle-ci : Nom, sommes mo1·alement 1·esponsables de l'échauffourée policiè1·e <ln •1mai. Il y a quat1·e ou cinq ans, j'étais à la Com·, conirn<' témoin. Dos oun·iers tentaient d'obtcni1· satisfaction sm· une affai1·ede façon légale. Ils aYaient Yolè, et enb·e autt·es candi,lab, ils aYaicnt élu leur aldennan parmi les Fourtenth \Yai·d (la garde des quinze), mais la compagnie des Street-Ca1· (omnibus) n'ain1ail pas le carnlidat choisi par les oun·iers. En conséqueuce, deux ou ti-ois des .i uges d'élecLion emp(J1·térent chez eux l'ul'lle électo1·ale el co1-rigèrent l'élection. Ils priYèrent ainsi le>stt-aYailleurs ,lu n'tH·ésentant <1u'ils s'{,taient choisis et <lonnèrent son siège au 1·ep1·ésentanLde la Compagnie des Street-ca1·. Les ouy1•iers dépense1·ent plus ,le l.000 f1·ancs a pom·suin·e le procès contrn ces c1·iminels. La preuye contrn eux ètait tellement éclatante qu'ils ayouèreHt <l'eux-mèmcs aYoii·,en effet, falsifié le Yote et forgé de toutes pièces, à l'appui ,le leu1· fraude, ,les documents officiels. Or, qu'a1hient-il '? L(• juge Garclnei·, qui présidait le Tl'ibunal, les acquitta aYec co consiclé1·ant: « C'onsidéeant que ,lans l'espèce, il n'y a eu nulle inlcntion criminelle. » Vons me <lispense1·ezde tout commentaire. Voilà la puissance <l~smo~·ens légaux que Yous recommandez aux traYaillem·s ! ~lais puisque Yous en êtes a chercher des « l'esponsabilités morales », précisons-les. Qui est responsable des actes de force, ceux qui, de toutes manières, par la fraude, par le mensonge, ont empêché toute reyendicalion pm· les moyens légaux, ou ceux <1niont constamment soutenu les réformes? Il faut s'cntendœ. Il y a ici des hommes qui sont naturellement déchargés de toute « resvonsahili té morale» dans l'affaire du 4; et ces hommes, c'est nous! Si le ,·<>l"dictest basé SI.Il' la supposition d'une << responsabilité morale», le verdict qui nous frappe est nul. Et ccdainement, aYec les considérants et les lois que Yous inYo- <1uei, il n'est pas un seul de ceux qui sont 1lans cette salle de justice 11uiuo puisse N1·eü-ès impadialement et ti-ès lègalement pendu. Je n'<'n n'<'xcepte_pas lesjut·és et les juges.
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