La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES ANARCHISTES DE CIIICAGO 201 qui l'emploie, répondent de cette disparition . .Je les cite à la baree de l'opinion publique. De par cc fait, je les accuse d'assassinat avec préméditat.ion. Non, je le répète, l'accusation n'a pas élabli notre cnlpabilil(~. Elle n'y e ·t pas parvenue, malgt·é les faux. témoignages soudoyés, malg1·é l'originalité de l'instruction et des débats. Elle n'a rien pn faire en ce genre. Et tant qu'elle n'aura rien fait, elle auea beau prononcer sur nous la sentence de mort à l'aide <l'une commission rle Yigilancc qu'elle décore du nom de jury, c'est elle, ce sont les préte11<lus représentants, le haut clergé tle la loi et de l'ordre, que nous accusons d'être les vrais pe1·turbateu1·s de l'or<lre. Et, dans le cas <lontil s·ag-it, cela Ya jusqu'a l'assassinat 1wémé<lité.Il faut que le peuple sache ces choses. Et lorsque je parle du peuple, je n'cnlcn1ls pas l0s complices <le Grinnel, les nobles patriciens qui viYent dC' la misère <lr la foule. Ces gens-la peuycnt constituer l'Etat; ils ne ont pas le peuple; c'est la t.roupe <leschasseurs d'homme r1uilùchc sue nous ses fJ'rinnel, ses Bonfi,eld et toute sa meute. Lm·sque je parle du peuple, j'entends la mas e des traYaillem·s qui, malheu1·cusement, ne sont pas encore conscients des infamies qu'on commet au nom clu peuple - en leur nom, les info1-tunés! Mais la per~pective du meuetre de huit hommc>s,qui n'ont commis d'autre crime que celui d'a,·oi1·osé dit'c la Yét·ité,ouvri l'a, je l'cspè1·c, les yeux. à des millions <leces pauvres gens. Ils '6rnillel'ont. m, de fait, j'ai constaté que notre simple condamnation a déjà, produit <les miracles dans ce sens. Nos bour1·eaux en sont. poul' leurs frais d'inye1ttions. Et quelles im·entions ! La classe qui crie " a mort! » sm· nous s'est surpa. ée. Par ses journaux., par tous le. moyens, elle nom; calomnie. Elle a teou,·é le mot commode et tel'riflant ü' « anarchistes ». Elle a imaginé des histoires de conspirations noit·es, des fantômes de C-l'Oquemitaine.Nous ommes une nouvelle e pèce <le cannibales. Tout cela pou1· com-rir, autant que possible, ce fait 11Ll - et hicleux clans sa nudité - que le soit· du 4 mai 4,:WO hommes armés, sous le commandement ü·un coquin 1·cconnu, attaquè1·cnt une assernblée de citoyens sans armes. Dans quelle in tcntion? Dans l'intention tle les massacrer, ou d'en massacrer du moins le plus grand nombre. J'en appelle au témoignage de deux de nos témoins (1). Eh quoi! <lisent les bons chl'étiens, les traYailleurs salariés do ce pays commencent à ne pas youloir qu'on les tonde de tl'op près. Ils commencent à prononcer distinctement certaines vérit6s, hautement désagréables à notre classe. Bien mieux, ils s'enhardissent a présenter des demandes - oh! bien modestes pour commencer. - Ils (1) Bonfield, le soir du 4 mai, a dit M. Si~onds~n- « Sij~ pouvais ~e~le~ent mettre la main à la fois sur 3,000 de ces @acressoc1ahstes,Je les exped1era1s. •

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