La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

.. LES ANARC.IIISTES DE CHICAGO J99 LES ANARCIIISTEDSECIIICAGO AUGUSTSPJES. (Suite.) DISCOURS PRONONCÉ PAR AUGUST SPIES DEVANT LE .T UGE GAilY. Lo1·sque le 8 octobre, après la condamnation à mort prononcée, la Ccur demanda à M. Spies s'il n'avait rien à dire contre, Spies, d'une voix claire distincte et ferme, pada environ deux lv:mres. Ce qui suit est le compte rend~ sténographique de son discours. En parlant a cet.te Cour, je pai-le comme le 1·eprésentant d'une classe s'afü\essant aux représentants d'une autre classe. Je commencerai par les mots que prononça, il y a enYiron cinq cents ans, dans une semblable occasion, le doge Yénitien Fabri. Intel'pellant le Conseil des Dix, il dit : En me défendant, je yous accuse; les causes de mon crime supposé ne sont aufrc chose que votre histoire. J'ai été inculpé de meuetrn ou <lumoins de compliciLéclcrncurtL·e.Sur cotte inculpation j'ai èté c;ondamné. Nulle preuve n'a dé fournie par le ministère public. Rien ne prouve, ni même n'inchque, que j'ai eu connaissance de l'homme qui a lancé la bombe, ou que j'ai eu rien a faire avec le lancement de cette bombe. Il n'y a pas de témoins à charge. Car, vous n'avez pas la peétcntion do compter comme tels les témoignages do Thompson et de Gilmer. Cone sont pas des témoins, ce sont des complices du ministère public et de Bonfield. Leur parole n·a aucun poids, à moins que vous ne fassiez entrer dans la balance le poids de l'or qu'ils ont reçu pour mentir. Il n'y a donc nulle preuve que je sois légalement responsable ,le l'acte incriminé. Ma condamnation et l'exécution de la sentence n'est autre chose qu'un meurtre clélibé~'é,plein de malice et de haine. Il n'y en a pas de plus honteux dans toute l'histoire des persécutions religieuses, politiques ou autres. Il y a eu de nombreux exemples d'assassinat juridique où les représentants de l'Etat

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