La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE BILLET DE BANQUE Dans l'émission d,uBILLETDEBANQUEy a-t-il bénéfi,ce? la question serait plus que naïve. AYecses frais minimes de fabl'ication du Billet, la Banque ne se crée-t-elle pas un pouY0ÏLd' 'achat immensément supérieur? Ce pouvoir d'achat est-il donc douteux. qu'elle l'exerce? Est-ce qu'ayec son Billet de mille francs, valeur d'empreinte, elle n'achète pas sur le marché social mille francs de bonnes et réelles valeurs à trois mois, en se complétant à l'instant par l'e:compte la valeur présente et réelle? Mais disions-nous à propos du Billon, à propos de toute fausse monnaie, dans une série de trocs de cette nature, à Yaleur inégale, un bénefice au premier terme appelle forcément une perte correspondante au dernier. En est-il ainsi ayec le BILLETDE BANQUE? Eh! yraiment, que disent donc à cet égard le sens commun, l'expérience et l'histoire? Oui, la Banque bénéficie au début, de toute son émission sans encaisse métallique. Mais Yienne le moment où le jeu s'arrête, où la circulation rebute; où, le Billet sans encaisse à la main, le public réclame en échange la monnaie promise, de la monnaie ,Taie, est-ce que valeur nominale contre Yaleur naie, la Banque ne serait pas obligée d'acheter sm· le marché, pour éteindre ses Billets, des valeurs métalliques réelles, et de les abandonner franc pour franc, coup pour coup, pel'te pour perte; obligée sans contredit à titre iné.:. Yitable, si par une Yiolence hors de tout drnit, le cours forcé ne Yenait dégager le failli, imposer un concordat inYolontaire, immobiliser la créance dans la main même du créancier, nier, anéantir la dette du côté du débiteur? Ainsi, d'un bout à l'autre le BILLET DE BANQUE,sans manquer d\m point,reproduit tous les caractères du billon, tenu, lui, avoué, confessé pour fausse monnaie. Ainsi le BILLETDE BANQUEs'atteste, à tous égards et dans les termes les plus formels comme fausse monnaie. , Mais non, non ! se récrient des esprits fort avisés que les dangers extrèmes de i cette question du BILLETDEBANQUEavaient frappés depuis longtemps et chez lesquels les débats nouveaux ont suscité un surcroît de clainoyance et d'mquiétude. Certes, vous auriez raison si le BILLETDE BANQUEétait une monnaie et ayait la prétention de l'être. Mais il n'en est rien. Ce qu'il est, c'est toute autre chose. Et alors, vous le voyez,devant le titre qu'on répudie, devant l'assimilation qu'on récuse, tout tombe, tout disparait: erreurs, illusions ou mensonges, dangers et reproches. Ah! vraiment et qu'est-il donc? Le Billet n'est rien qu'un engagement substitué, un instrument financier « sui generis »,un moyen particulier de paiement, c'est un effet de commerce perfectionné et poussé au plus haut point de son

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