La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

162 t.A REVUE SOCIALISTE économiques qui furent au (lébut des ci,·ilisations les u u,ques propulsem·s, mais <lont l'importance est tléc1·oissanle. Ce fait n'a pas l'Chappé it lluckle, l'auteur pondant si malfrialislo de l'Hi·stoire de la civilisation en Anoleterre, lorsqu'il a noté l'influence croissante des lois mentales comme un signe camciéristique de la marche de la ci,·ilisation. Ceci admis, les noYateurs ne doiYent pas se contenter <le faire appel aux intérêts de classe du prolétariat, mais aussi à toutes les forces sentimentales et morales résillant en l'ùme hu maine. Admettant ayec Berthelot (1) que « les fo1·cesmorales sont le principal ressort qui maintient les hommes et les nations» ; aye r Pi·otulhon qu<' « pour changer la constitution d\m peuple il faut agir à l a fois ~ur l'ensemble et sur chaque pm·t.icdu corps politique, » (1) et ayec IIectoe Denis qu'il y a corrélation entre l'éYolution éc onomique et l'évolution morale, ils considèrent que les socialistes do irnnt partilos deux tiers du mondo connu changèrent brusqueme nt d'état, de lois et de mœurs. Nous pourrions aussi faire ressortir l'influence , sur le dévlJloppcment politique et économique, des croisades, également d'ins piration exclusirement religieuse. • Mais l'espace nous presse et nous nous contenterons de rnppelcl' quelques faits politiques et religieux d'ordre secondaire, qui ont considérablement pesé sur le déreloppement économique de l'Europe moderne. La ruine économique et le déclin de l'Espagne :sont dus in itialement à l'ex• pulsion des Maures, fait religieux et politique; l'annexion passagère du Portugal à l'Espagne par Philippe Il, événement exclusivement politique, fait perdre à la noble nation lusitanienne la plus grande part de ses colonies, au profit de l'Anglett!ne et de la Hollande dont commence ainsi la puissance coloniale. La Révocation de l'édit de Nantes (1683) fut sans conteste un fait religieux, elle eut pour effet de tuer la naissante industrie frança ise, de fortifier la Hollande el l'Angleterre et de commencer la grandeur de l a Prusse. C'est la participation de la France à la Guerre de Sept ans, une participation due à des influences purement dynastiques, c'est-à-dire politiques, qui fit perdre à la France son magnifique P.mpire colonial. Un autre fait purement politique, l'annexion passagère de la Hollande à la France, fit perdre à la première ses plus belles colonies. De cet exemple de faits politiques ou religieux est issu en quelque sorte l'immense empire colonial de l' Angleter1·e. Dans un ordre secondaire, nous voyons les proscriptions politiques des M~- dicis aboutir à la création de la fabrique lyonnaise par les républicains florentins exilés. De même, les exilés bernois de 1793 fondev t l'industrie horlogère de Besançon et les exilés lyonnais de 1834 instaurent, à Zurich, l'industrie de la soie, etc., etc. Enfin les périls quo fait courir à l'Europe actuelle la perpétuelle menace d'u?e guerre p~usque mongolique, ne proviennent pas de causes économiques mais de certains antagonismes de race,et d'un chau vinisme anormalement sur~xcit~ par des intérêts dynastiques et par d'incompressibles aspirations nationalistes. (1) Berthelot : La Philosophie de la science. (2) Proudhon : De la Capacité politique des classes ouvrières.

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