PRINCIPES ET TENDANCES DU SOCIALISME CONTEMPORAIN 149 ment vulgarisée par Lassalle (1), la doctrine nouvelle fut loin d'être prédominante dans.l'Internationale. Dans les premier et deuxième Congrès (Genève 1866 et Lausanne 186î), ce fut le mutuellisme français qui l'emporta et le jeune et éminent prolétaire qui, dans les troisième et quatrième Congrès (Bruxelles 1868 et Bâle 1809), fit triompher le collectivisme, n'était pas :un adepte de l'école socialiste allemande. César De Paepe, alors ouvrier typographe, maintenant docteur en médecine, avait passé par le mutuellisme promlhonnien et un peu par le posith-isme de Comte. Les écrits de Colins contribuèrent beaucoup a l'amener au collectivisme et c'est pourquoi (2) il préconisa tout d'abord la. socialisation de la terre, en continuant par les canaux, routes, chemins de fer, lignes télégraphiques, banques, etc. (3). (1} Après une courte et ardente activité socialiste en f.8118-18~9avec Marx Eogels, J.-Ph. Becker, Freiligrath, Schapper, vVolf, Liebknecht, Lassalle s'était voué tout entier au retentissant procès qu'il gagna pour Mme de Hatzfeld. Mais il revint avec éclat aux dieux de sa jeunesse, en 1861, par la publication de son important ouvrage : System der erworbeven rechte (Système des droits acquis) suivi de deux brochures : Ueber verfasungswesen (Essence d'une constitution) et Macht und Recht (Force et Droit). Enfin, en 1862, il jugea le moment d'intervenir llt il entra en ligne par le Programme des travailleurs. Dès lo1·s, dit Emile de Laveleye, « il se livra « avec une activité dévorante à la propagande des idées socialistes. Fendant « les trois dernières années que dura son apostolat actif, il consacra ses jours « et ses nuits à organiser des meetings, à prononcer des discours, à écrire des < brochures. En ce temps si court, il parvint à faire du socialisme, vaguement « rép11ndudans les masses, un parti politique militant, ayant sa place marquée < dans l'arène électorale. Il fit en Allemagne, à lui seul, ce que la Révolution « de février avait fait en France. • (Emile de Laveleye : le Socialisme,, contemporain.) Il convient d'ajouter que Lassalle, tout en s'inspirant Jes données fondamen·- tales de Marx, humanisa singulièrement le réalisme d'acier du Maître. Dans tout le Programme des travailleurs, par exemple, coule une sève généreuse d'humanisme entbousiaste et d'optimisme vaillant. Ces réminiscences idéaEstes ne furent pas sans influence sui· les résultats merveilleux de la mémorable campagne à laquelle mit malheureusement fin, en mai 18M, un duel mortel amené par des motifs futiles. (2) Contrairemènt à la méthode marxiste qui, bien plus conforme au processus économique, enseigne que la socialisation doit commencer par les voies de communication, l'industrie et le commerce, pour se clore par la nationalisation du sol. (3) La résolution concernant la propriété collective et votée, sur la proposition de De Paepe, par les Congrès de Bruxelles ou de Bâle et d'ailleurs remarquablement conçue et développée : « Considé1·aot que les nécessités de la production et l'application iles connais- ::iances agronomiques réclament une culture faite en grand par l'Etat régénéré et soumis lui-même à la loi de justice; que les carrières, houillères, chemins de fer, soient concédés par la société, non à des compagnie3 de capitalistes
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