La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

PRINCIPES ET TENDANCES DU SOCIALISME CONTEMPORAIN 147 Emb1·igarlédans les écoles rivales, le prolétariat militant no tint aucun compie du sage conseil. •Ce n·e~t qu'en 1855, que fut faite la première tentative par un groupe de révolutionnaires de toutes nations. Mais c'était plutôt d'une inte1·naiionale rérnlutionnaire que d'une internationale OUVl'ière qu'il s'agissait (1). Aussi l'échec:tut-il complet. Le· internationalistes de 1864 parlèrent un autre langage. Voici l'impérissable manifeste qu'ils adres:èrent aux prolétaires des Deux-Mondes; son omission déparerait cette étudo : < Considérant : « Que l'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs euxmêmes; que les efforts des travailleurs pour conquérir leur émancipation, ne doivent pas tendre à constituer de nouveaux privilèges, mais à établir pour tous des droits et des devoirs égaux, et anéantir la domination de toute classe ; c Que l'assujettissement économique du travailleur aux détenteurs des moyens de travail, c'est-à-dire des sources de la vie, est la cause première de sa servitude politique, morale et matérielle. c Que l'émancipation économique des travailleurs est conséquemment le grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen; valeur intellectuelle et morale. Pauline Rolland et Jeanne Decroin, à la tête de la vivace Fédération ouvrière de 1849. Cette fédération s'annonçait pleine d'avenir, quand Louis Bonaparte la brisa, préludant à cette campagne de Rome à l'intérieur, dont la coalition cléricale et libérale avait tracé le pt·ogramme et qui aboutit au Coup d'Etat de Décembre. Ils se 1·epentirent trop tard, les Ratons de la rue de Poitiers, quand le Bertrand césarien eut piétiné la liberté. Nul ne pouvait plus alors éviter cette criminelle et néfaste politique qui a eu pour couronnement la mutilation de la patrie et la fin de la prépondérance progressiste et révolutionnaire de la France. (1) Extraits du programme inaugural : « Le but de la Société est de propager les principes de la révolution sociale, de travailler activement par tous les moyens en son pouvoir, et d'arriver ainsi à établir la république démocratique, sociale, universelle. « La Société comprend ainsi les principes de la Révolution sociale : « Négation absolue de tous les privilèges; négation absolue de toute autorité, affranchissement du prolétariat. Le gouvernement social ne peut et ne doit être qu'une administration nommée par le peuple, soumise à son contrôle et toujours révocable par lui. c Nous ne demandons pas l'aide de la bourgeoisie pour accomplir la Révolution sociale, et nous so;nmes persuadés que si nous la demandione nous ne l'obtiendrions pas. Ce que nous avons à faire, c'est de ne nous en rapporter à personne qu'à nous-méme. La fraternité n'est qu'une illusion stupide, la où la société est organisée en classes ou en castes ... > Signataires : Claude Pelletier, auteur d' Atercratie et d'un Dictionnaire du Socialisme, Déjaque, poète ouvrier de talent, auteur de l'Hi..manisphère, Ernest Jones, le chef chartiste, Tufferd, Benoit, Debuchy, Mijoul, Klark, Herben, Oborski, Hammer, Kwetesloweki Baroskiewtch, Leseine Monfalcon, J. Yung, etc., etc.

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