La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

136 LA REVUE SOCIALISTE qui, par obstination et ignorance, abaisseraient notre pa ys, dans la conflagration générale p1·ochaine, au rôle Lledéfenseur d es intérêts patronaux et capitalistes. Le peuple de la Révolution ne saurnit fini1'ainsi; c'est poul'quoi, jusqu ·au bout, nous voulons croire que nos gouvemants ounii-ont les yeux à l'évidence et qu'ils répondront aux rescl'its de Guillaume, en 1·e,·endiquant pou1·la Fran ce sa véritable place en Em·ope, la première, pal'mi les peuples qui p oursuivent le pl'ogrès de la ciYilisation par l'établissement de la justi ce sociale. G-USTAVE ROUANE'!'. P. S. -- Au dernier moment, des rlépèches <le Berlin a ffirment que le prince de Bismarck n'est pas étrangel' à la publ ication des deux. rescrits. Le yieux chancelier comprenant l'inan ité cle ses elforts contre le socialisme et le danger que celui-ci fait courir à la couronne impériale, se serait rendu et amai t conseillé an jeune monarque d'entrer franchement et résolument clam; la voie des satisfactions œ1x revendications ouvrières. M. cle Bismarck ne pouvant être l'initiateur de cette politique nouvelle qu'il a toujours combat.tue, se serait retiré, au moins ostensiblement, et se rait pleinement d'accord aYec Guillaume II. Il n'y a rien ù'iunaisemblable clanscette nom·elle. M. de Bismarck s'est toujours montré un homme supérieur par la clé cision a\'CC laquelle il poursuivait délibérément jusqu'au bout une politique par lui acloptéc, même après l'avoir combattue. Il a été ~mccessivement et aussi résolument dans un cas que dans l'autl'e, li bre-échangiste, protectionniste, l'aùversaiee et le défenseur de l'in tenention sociale de l'État, suiYant les besoins de l'heure et clu moment. Il est possible que convaincu de son impuissance à continuer l a politique de compression suiyie jusqu'à ce ,iour, il se soit retiré e u conseillant à l'empereur d'en prendre le coutre-pied. Cette cond uite serait d'autant plus habile, qu'en agissant ainsi, M. ùe Bismarck qui ne compte plus maintenant que SUL' le jugement cle la postcl'iié, laisserait à l'empereur tout le bénélice populaire de la nou Yellc politique. Quoi qu'il en soit, les rescrits de l'empereur n'en sont pa s moins, comme nous le tlisons plus haut, un événement important , de nature à peser d'un grand poi1ls sur la politique intemationale d e l'Allemagne et la France a le devoir de prendre position sans tarder. G. R.

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