La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE MOUVEMENT SOCIAL E~ FIIANC!G ET A L'ÉTRANGER 115 million de francs pour fail'e la guet'l'e à. la tl'ade-union et il se 1wupose de dépenser cet àl'gent a l'écraser. La position de M..Livesey enYet·s ses ouvriers est très bien mise en lumière par M. Sidney ,Vebb, un socialiste ardent, professeur ,l'économie politique, et memb1·e de la Fabian Society, dans nue lettre adressée au journal cadical, la Star, Llont j'extrais les lignes suivantes: « Quelle position M. LiYesey occupe-t-il aux yeux cleses ouvriers? Comme résultat du tle1·nie1·combat pour les huit heu1·es, il leur offre des termes de capitulation. Au moment méme de leur victoire il leur demande de mettre bas les amrns. En retou1· d'un boni incertain, il veut qu'ils ahan<lonnenL leur ,lt·oit ne coalition effectif et leur pouvoir de t.t·aitc1·collcctirnment pont· la Yente de lcue ti-avail. En concluant des éngagements annuels sépa1·és, i des clates différente , les ounicl's 1·ep1·ernll'aieut la situation riui a précédé la fondation de leur ti·arle-union, c'est-à-dire l'état ,(l'intliYidus isolés traitant ayec une corpomtion puissante. Le contrat collectif est l'essence même du trade-unionisme et c'est justement cela que M. Livesey Yeut modiOer. Une g-rén~ générale est aussi bien lo de1·nier a1·gument du tl'a<le-unionismo que la gue1·1·eest celui ,les nations. PriYe1· le S,rnllicat des ouy1•ie1·s<lugaz rlu pouvoir de décréter une g1·0vec'r.st (comme 1 'a dit lui-même M. Livesey) le l'Cndec impuissant. C'est comml' si Bismarck inYitait la France à licencier son aemée en 1·ctour d'une partie des bènéfices opéeés sue les chemins <lefel' alsacieus. i> Et ici, l\I. si,lner Webb suggère une solution : « N'est-il pas possible ,le récon<'ilim· les pal'ties en <Hspute? Si les directeurs et les actionnaires sont 1·éelle111cntsincères clans leur désir d'améliorer la condition de lem·s ou,Tiers en leur donnant un intérêt dans rentrep1·isc comnrnnc, il est aisément facile de le fai1·esans attenter au pourni1· des ou,Tiet·s de se coaliser effectivement. Les omTiers, de leu1' côté, pour1·aient abandonner le présent ::-ystèmede couets engagements avec pouvoir illimité de se mettre en gt'èYe, en retour d"une sécu1·ité plus g1·ande d'avoir du t1•ayail et <l'obtenir un salaiee pe1·mane1lt. De plus, Londre:-; ne peut pas ayoiJ· son éclaü·age à la merci d'un bail d'une scmain<'... Le contrat annuel proposé par M. Livesey peut très bien n'ètre pas trop long pour l'objet en vue duquel il est fait et il peut être rendu compatible avec les principes des tradr1s-unions. Un tout petit changement pourrait eétablir la paix. C'est que tous les contt·ats deveaient se te1·minee à une date fixe, par exemple à la Saint-Michel de chaque année, pour tous les ouniers, quelle que soit la date de leur entrée clans 1 l'usine. Ce moyen donnerait à la compagnie une sécurité complète _contre les réclamations arbitrai1·es ou incessantes au sujet rles salaires, mais laisserait aux ouvriers leur pouvoir üe contracter collectivement une fois !Jar an avec leurs puissants patrons. H.ien de

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