La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

756 LA REVUE SOCIALISTE SUPPRÊSSION DE L'IMPÔT FONCIER ET DU BUDGET DES CULTES. - Cette proposition d'un nouvel élu, M. Charles Rousse, député de l'arrondissement de Brignoles (Var), implique la séparation de l'Eglise et de l'Etat: En voici la teneur : Messieurs et chers collègues. Le conseil général du Var a adopté dans sa session du 24 août dernier les propositions suivantes, que j'ai l'honneur de soumettre à votre approbation : Attendu que la valeur des propriétés foncières diminue chaque jour : 1 Attendu que les agriculteurs français émigrent chaque année plus nombreux pour cette raison; attendu que le budget de la France est de près de 4 milliards, et que le produit du principal de I ïmpôt foncier ne représente guère que le 4 010 de ce budget ; Attendu que des économies pourraient être réalisées dans les mêmes proportions : L'impôt foncier est supprimé. En vue de procurer à l'Etat une partie des ressources nécessaires pour amener le dégrèvement de l'impôt foncie,·, la suppression du budget des des cultes et proposée. Les économies résultant de cette mesure seront appliquées an dégrèvement. PROPOSITION « TENDANT A DONNER UNE SANCTION A LA LOI DU 21 MARS 1884 SUR LES SYNDICATS PROFESSIONNELS. » - Ce projet déjà voté l'été dernier avait été frappé de caducité. Aussi son auteur, M. Bovier-Lapierre, a-t-il obtenu en sa faveur le bénéfice de l'urgence, malgré une courte mais très significative apparition à la tribune de M. Léon Say. Le financier rotschildien, qui n'a de modéré que son attachement â la République, a été battu par 328voix contre 185. Ce vote est-il la traduction d'un sincère désir d'accomplir quelques-unes des réformes exigées par la Démocratie? MONOPOLE DE 1,LLUMETHS. - Depuis le 3 août 1872, l'Etat avait cédé le monopole des allumettes à une compagnie de capitalistes pour un temps détermmé qui prenait fin le 31 décembre prochain. La CompagnH) soumissionnaire se réservait pour une nouvelle adjudication d autant plus lucrative, qu'elle savait d'avance ne point devoir rencoutrer de concurrents. Or la Chambre vient de nous débarrasser de ce legs de l'Assemblée de Versailles. Désormais, les allumettes seront fabriquées, non pas librement comme le voulaient MM. Leydet et Peytral, mais par l'État. On a objecté en faveur du retour à l'industrie privée d'une exploitation qui a émigré à l'étranger, le bon marché et la meilleure qualité qui résulteraient immédiatement de la concurrence. Mais avec la liberté de fabrication, on aurait fait un véritable cadeau d'une vingtaine de millions aux industriels qui jadis ont reçu cette somme.en échange de l'interdiction du droit de fabriquer.

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