La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

744 LA REVUE SOCIAUSTE surtout pour cette catégorie de services qu'on appelle lés travaux publics, et notamment pour les travaux des constructions diverses que nécessitent l'exercice des services publics en général; construction de routes, de chemins de fer, cle bâtiments, de phares, canalisations, etc. Mais ce système s'applique aussi dans bien des cas à des travaux simplement préparatoires, comme le sont ceux que nous venons de nommer; telle est, par exemple, l'entreprise du camionnage, déjà citée. Dans le régime actuel, ces entrepreneurs ou ces associations sont généralement des patrons ou des sociétés cle capitalistes; dans l'avenir ce seront des associations ouvrières. En effet, dans le mouvement ouvrier qui s'accomplit sous nos yeux, tout pousse vers cette substitution de collectiYités ouvrières aux compagnies de capitalistes ou aux entrepreneurs indiYiduels. Ce ne sont pas seulement les sociétés coopératiYes établies dans les différentes professions, qui poussent à cette substitution; bien que certaines de ces sociétés coopératiyes, celles des maçons de Paris par exemple, aient entrnpris,pour le compte de la ville ou de l'État, des travaux publics très importants, une autre partie du mouvement ouvrier, plus générale et plus immédiatement abordable pour la masse des prolétaires, tend manifestement vers le même résultat : on comprend que nous Youlons parler des sociétés de métiers, syndicats ou unions. Primitivement constituées pour le secours mutuel en cas de maladie ou en cas de chômage, pms devenues par la force des choses des groupes organisés pour le maintien des salaires, pour la diminution des heurés de travail, etc., en un mot pour la résistance, pour la lutte, ayant pour sanction la grève, - les unions de métiers solidement constituées, sans perdre pour cela complètement leurs caractères primitifs qui sont encore des nécessités actuellement, ont ajouté a leurs objets anciens des fonctions nouvelles : ces u'Ylions tendent aujourd'hui, non seulement a devenir des agences de placement s'occupant d'enregistrer et de régler l'offre et la demande des bras, en même temps qu'elles stipulent sur le salaire et les conditions du travail, mais à se substituer au travailleur individuel en tout ce qui concerne les intérêts de l'ouvrier vis-à-vis du patron. Les rapports individuels entre le travailleur et le capitaliste, ou plus généralement entre le travailleur et le consommateur, tendent ainsi à faire place aux rapports collectifs de l'association ouvrière avec l'entrepreneur, avec le capitaliste ou même avec le consommateur lui-même. Mais en Angleterre, quelques unions ont déjà fait un pas de plus : elles sont entrées dans la voie des engagements et des contrats pour la fourniture du travail; ce sont les unions de charpentiers, des plâtriers et des maçons en briques, de Wolverhampton, et l'union des bonnetiers de Nottingham, qui ont donné les premiers

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