La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

724 LA REVUE SO(:!ALISTE Ne dérogeons pas à ces prescriptions, mèmé pour organiser en Extrême-Orient, selon le vœu de M. Freppel, des guerres <le propagande chrétienne! Nous voici parvenu à la fin du Yolume. En résumé, qu'a voulu démontrer l'évêq'ne d'Angers? Deux choses: 1° Qu'il existait en 1789 un mouvement réformateur. qui eût transformé naturellement et pacifiquement notre état social, sans révolution, sans bouleversement, sans atteinte à la Religion. 2° Que dès lors, la Révolution était inutile, et qu'ayant éclaté, elle a rlonné naissance aux crimes les plus atroces, et produit les plus désastreux effets, en divisant la nation en deux parties absolument hostiles l'une à l'autre. Nous arnns répondu à ce sophisme. La conclusion est d'une logique parfaite. « Il faut rompre, dit M. Freppel, résolument avec la Révolution et reprendre ayec sagesse et fermeté le mouvement réformateur de 1780. )) Guerre à l'athéisme, restitution à i'JJ.;glisede sa place légitime dans l'Etat, la famille et l'école, retour à la monarchie nationale. Voilà la bonne politique. Nous sommes avertis. Nous l'étions depuis longtemps. Mais une chose ne doit pas passer inaperçue. L'Église qui sert de lien aux différentes fractions de la réaction, se modernise, ainsi que déjà nous l'avons fait observer. L'absolutisme fanatique de Pie IX a mal servi ses mtérêts, et n'a pu enrayer la décadence. On cherche des lransactions possibles. On contourne le Syllabus. Si l'on ne se réconcilie pas avec le pl'ogrès, le libé1·alismeet la civilisation moderne, en voudi·ait tout au moins n'en point paraître les:adYersaires implacables. Aussi bien on parle de réformes, on est très épris de libert.é. On distingue entre le mouvement réformateur de 1789 et la Révolution. On voudrait pouvoir se réclamer de 1789. L'habileté est g1·ande. 1780 est une rlato initiale, date d'émancipation, date populaire. A elle seule, elle e!'ltun symbole. Si, pal' un moyen franchement hypocrite,lesgens d'Eglise pouyaient la distraire, la détacher en quelque sorte, de la Révolution, ne serait-ce pas une adroite manœuvre? M. Freppel semble avoir fait son livre dans ce but. En ce moment ri,;glise mue. Le pape reçoil des délégations d'ouvriers, prononce des paroles aux allures socialistes, promet avec le bonheur dans le ciel, comme toujours, plus <lejustice sur la tel"l'e. C'est pal'fait. On veut accaparer la démocratie. Pour cela on tient à

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